La doctrine cyclique est ce qui donne à la critique guénonienne de la
modernité sa portée doctrinale plutôt que polémique. Le monde moderne n’y est
pas jugé mauvais par comparaison avec un passé qu’on regretterait : il y est
situé, comme la phase finale d’un cycle dont les caractères sont décrits par
avance dans les textes traditionnels.
Deux notions suffisent pour entrer dans le dossier :
le Manvantara, qui donne l’échelle, et
le Kali-Yuga, qui nomme la période où nous sommes.
Le Kali-Yuga est l'âge sombre, quatrième et dernière phase du Manvantara actuel. Guénon y situe l'humanité présente et interprète la modernité comme l'une de ses dernières phases, marquée par l'obscurcissement des principes et l'accélération cyclique.
Le Manvantara est une ère d'un Manu, c'est-à-dire un cycle complet d'une humanité, partagé en quatre Yugas de durée décroissante; notre humanité se trouve dans le dernier, le Kali-Yuga.