Définition
Le luz est le noyau impérissable où demeurent virtuellement les éléments nécessaires à la restauration de l’être au-delà de la dissolution de sa forme corporelle.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Le Roi du Monde, formulée par l'encyclopédie.
Le mot hébreu luz réunit chez Guénon plusieurs significations : un lieu caché, l’amandier ou son noyau, et une particule corporelle réputée indestructible. Ces sens ne sont pas juxtaposés par fantaisie. Le caché, le noyau et l’impérissable expriment la conservation d’une possibilité lorsque sa manifestation extérieure a disparu.
Appliqué à l’être humain, le luz est représenté comme un os extrêmement dur auquel l’âme demeurerait liée après la mort jusqu’à la résurrection. Cette description doit être entendue symboliquement. Guénon ne propose pas une anatomie occulte où un fragment matériel échapperait physiquement à toute corruption. L’os figure le support le plus condensé d’une permanence qui dépasse l’organisme visible.
Le noyau fournit la correspondance la plus claire. Une graine ne contient pas en réduction les branches, les feuilles et les fruits futurs; elle en porte les déterminations à l’état virtuel. De même, le luz contient les éléments nécessaires à la restauration de l’être sans conserver matériellement toutes les parties de son ancien corps.
Cette restauration s’accomplit sous l’influence de la « rosée céleste ». Le symbole met en rapport un germe réceptif, conservé dans l’ordre inférieur, et une influence venue d’en haut qui en actualise les possibilités. La résurrection n’est donc ni la simple continuation du corps actuel ni la production d’un être sans rapport avec lui; elle suppose permanence du principe d’identité et transformation de la modalité.
Guénon situe symboliquement le luz vers l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale. Cette localisation correspond à la condition de l’homme déchu ou « terrestre ». Elle permet un rapprochement avec la force lovée à la base de l’axe corporel dans le symbolisme hindou. Lorsque l’ordre est rétabli, ce qui était caché au plus bas se rapporte de nouveau au centre supérieur.
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Citations de Guénon
Le même mot luz est aussi le nom donné à une particule corporelle indestructible, représentée symboliquement comme un os très dur. (Le Roi du Monde, p. 34)
Comme le noyau contient le germe, et comme l’os contient la moelle, ce luz contient les éléments virtuels nécessaires à la restauration de l’être. (Le Roi du Monde, p. 35)
C’est en quelque sorte l’œuf ou l’embryon de l’Immortel. (Le Roi du Monde, p. 35)
Lecture du commentaire arabe
Synthèse de l’encyclopédie, non citation du Cheikh. Chaque proposition a été confrontée le 7 octobre 2026 aux notes et présentations du traducteur, dont la référence suit la phrase ; la notice arabe consacrée à ce sujet réunit le dossier complet.
Selon la note du Cheikh sur Luz dans Le Roi du Monde, ce que Guénon décrit comme le noyau d’immortalité correspond exactement à ce que la tradition islamique appelle ʿajb al-dhanab, situé à la base de la colonne vertébrale, près du coccyx. Le Cheikh cite le hadith rapporté par Muslim : tout le corps du fils d’Adam est consumé par la terre, sauf l’ʿajb al-dhanab, dont il a été créé et à partir duquel la création est recomposée le Jour de la Résurrection (Le Roi du Monde, note du traducteur sur Luz ; Formes traditionnelles et cycles cosmiques, note du traducteur). Il ajoute que d’autres hadiths, sur la manière de la résurrection, parlent d’une pluie que Dieu fait descendre du ciel, semblable à la semence des hommes ; la terre en est secouée et Dieu y fait naître la création de l’autre vie, établie sur l’ʿajb al-dhanab (Le Roi du Monde, même note ; Les Principes du Calcul infinitésimal, note du traducteur).
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction Le luz résout symboliquement une difficulté : comment parler de continuité lorsque la forme visible est dissoute? La réponse ne consiste pas à rendre incorruptible cette forme entière, mais à distinguer l’actualité corporelle et la virtualité qui en conserve le principe de restauration.
La résurrection apparaît ainsi comme une transformation fidèle à une identité, non comme la réparation mécanique d’un assemblage. Le noyau demeure, mais ce qui en naît appartient à un nouveau régime de manifestation.
Références internes
Le Roi du Monde · Les Principes du Calcul infinitésimal · Formes traditionnelles et cycles cosmiques · Hylè et materia prima · L’Âme universelle · Le Graal · Kabbale