Ces notices présentent les notions métaphysiques, spirituelles et traditionnelles de l’œuvre de Guénon. Les définitions et les exposés sont accompagnés de citations françaises et reliés aux livres dont ils procèdent, ainsi qu’aux notions voisines.

150 éléments sous ce dossier.

  • Al-ʿAmâ et les deux ténèbres

    Al-ʿAmâ permet de distinguer les ténèbres supérieures de la non-manifestation principielle et les ténèbres inférieures du chaos potentiel. Leur ressemblance symbolique relève d'une analogie inverse, non d'une identité.

    • Les Sept Terres et les Abdâl

      Les Sept Terres ne sont pas sept continents juxtaposés, mais des états du monde terrestre envisagés dans leur succession cyclique et leur coexistence principielle. La doctrine islamique les rapporte à des fonctions polaires et, chez Ibn ʿArabī, aux sept Abdâl.

      • La Papauté et l'Empire

        La Papauté et l'Empire sont, dans l'Occident médiéval, les formes distinctes de l'autorité spirituelle et du pouvoir temporel. Leur accord suppose la subordination du second à la première.

        • Le barzakh

          Le barzakh est l'isthme qui sépare deux domaines tout en les reliant. Chez Guénon, il éclaire la fonction médiatrice de l'Esprit, le monde subtil entre le corporel et l'informel, ainsi que le danger de confondre le psychique avec le spirituel.

          • Le luz et la résurrection

            Le luz est chez Guénon une particule symboliquement indestructible qui contient les éléments virtuels de la restauration de l'être; Miftāḥ la rapproche du ʿajb al-dhanab de la tradition islamique.

            • La Propagande et les organisations auxiliaires

              Guénon étudie les organisations auxiliaires comme le réseau pratique du théosophisme : associations apparemment indépendantes, œuvres morales et initiatives éducatives conduisent indirectement vers une même orientation.

              • Le Démiurge et l'illusion de la séparation

                Dans son premier article publié, Guénon présente le Démiurge non comme un principe du mal opposé à Dieu, mais comme le domaine de la distinction, de l'individualité et de l'action lorsque celles-ci sont envisagées séparément du Principe.

                • Le Pèlerinage et le Voyage spirituel

                  Le pèlerinage unit déplacement rituel et retour au centre : l'orientation, la marche, la circumambulation et la pierre sacrée conduisent le corps vers un lieu qui figure, dans l'ordre terrestre, le principe immobile de l'être.

                  • La Réalité muhammadienne

                    La Réalité muhammadienne est la détermination principielle désignée comme Lumière muhammadienne et Esprit muhammadien. Guénon la rapporte à la forme totale de l'Homme Universel, première dans l'ordre de la création et source des fonctions prophétiques.

                    • Les métiers anciens et l'industrie moderne

                      Le métier traditionnel prolonge une nature et une fonction, et peut servir de support à une réalisation spirituelle. L'industrie moderne soumet au contraire l'homme, l'œuvre et le geste à l'uniformité quantitative.

                      • La liberté métaphysique

                        La liberté métaphysique est l'absence de contrainte qui procède de la non-dualité : relative dans tout être manifesté, elle n'est absolue que dans la réalisation totale affranchie des conditions de l'existence.

                        • La science profane

                          La science profane est la science moderne en tant qu'elle limite arbitrairement la connaissance au domaine sensible, sépare les sciences de leurs principes et ne retient des choses que leurs aspects mesurables et utilisables.

                          • L'homme véritable et l'homme transcendant

                            L'homme véritable a réalisé la perfection de l'état humain et réside en son centre. L'homme transcendant a dépassé cet état et atteint la réalisation totale de l'Homme Universel.

                            • Communication avec les morts et évocation spirite

                              Guénon distingue les états posthumes et certaines possibilités traditionnelles d'évocation de la croyance spirite selon laquelle l'être réel du mort communiquerait couramment par un médium.

                              • Essence, substance et accident

                                Guénon rapporte l'essence et la substance aux deux pôles de toute manifestation, puis à la forme et à la matière dans un être déterminé; l'accident désigne un ordre relatif qu'il ne faut confondre ni avec l'un ni avec l'autre.

                                • La Grande Guerre sainte

                                  La grande guerre sainte, ou jihâd al-akbar, est le combat intérieur contre les tendances qui s'opposent à l'unité de l'être ; la guerre extérieure n'en est qu'une image secondaire.

                                  • La Parole perdue

                                    La Parole perdue symbolise l'obscuration progressive de l'état primordial et de la tradition qui lui correspond. Sa recherche figure la restauration initiatique de ce qui n'est plus accessible à l'humanité ordinaire.

                                    • Quantité et qualité

                                      La qualité et la quantité sont les deux pôles sous lesquels l'essence et la substance apparaissent dans le monde corporel. La descente cyclique conduit de la prééminence qualitative au règne quantitatif.

                                      • Le monde subtil (al-khayâl)

                                        Le khayâl akbarien n'est pas la fantaisie individuelle, mais le monde subtil où les significations prennent forme et où les formes deviennent transparentes à leur principe. Guénon en fournit la situation métaphysique entre l'état corporel et l'informel.

                                        • L'Alchimie et l'élixir

                                          L'alchimie véritable est une science traditionnelle hermétique, d'ordre cosmologique et initiatique. Les transmutations métalliques symbolisent et peuvent accompagner une transformation intérieure dont l'élixir exprime l'achèvement.

                                          • l'Infini et l'Indéfini

                                            L'Infini, absolument sans limites, ne relève d'aucune quantité. L'Indéfini désigne au contraire une extension ou une diminution sans terme assignable, mais toujours enfermée dans un domaine déterminé.

                                            • Le Langage traditionnel et le Symbole sensible

                                              Le langage traditionnel n'est pas un système de signes arbitraires, et le symbole sensible n'est ni une idole ni une simple métaphore : mots, formes et rites participent analogiquement à la réalité supérieure qu'ils rendent présente.

                                              • Matérialité et sentimentalité

                                                La sentimentalité moderne ne s'oppose pas à la matérialité : elle en est le complément psychique. Toutes deux demeurent étrangères à l'intellectualité pure et se développent ensemble dans la civilisation moderne.

                                                • L'Imâm al-Mahdî et le Califat final

                                                  Dans le commentaire de Miftāḥ, l'Imâm al-Mahdî représente la réunion finale de l'autorité spirituelle et du pouvoir temporel. Cette lecture akbarienne prolonge le cadre de Guénon sans appartenir à son texte français.

                                                  • La Royauté

                                                    La royauté régulière est, chez Guénon, le pouvoir temporel consacré par l'autorité spirituelle. Le roi n'est pas propriétaire du droit divin, mais dépositaire d'une influence qu'il peut perdre.

                                                    • Les hiérarchies spirituelles

                                                      Les hiérarchies spirituelles désignent les degrés effectifs de connaissance et de réalisation qui ordonnent les êtres autour d'un centre, depuis les fonctions initiatiques particulières jusqu'au pôle qui représente l'autorité suprême dans un monde.

                                                      • L'Âme universelle

                                                        L'Âme universelle désigne le principe animique et démiurgique qui ordonne les forces subtiles du cosmos ; elle doit être distinguée à la fois de l'Esprit universel et de la Hylè primordiale.

                                                        • Mesure et manifestation

                                                          La mesure ne réduit pas toute réalité au nombre. Transposée analogiquement, elle désigne chez Guénon la détermination par laquelle une possibilité entre dans un ordre manifesté.

                                                          • Le Pôle

                                                            Le Pôle est le point fixe autour duquel s'accomplit la rotation du monde. Il désigne à la fois un principe de stabilité, l'extrémité de l'Axe du Monde et la fonction spirituelle centrale assumée dans chaque ordre traditionnel.

                                                            • La contre-initiation

                                                              La contre-initiation est une réalité de l'ordre subtil qui imite l'initiation comme une ombre inversée afin de s'y opposer. Elle se distingue de la pseudo-initiation par son efficacité propre et son orientation consciente ou principiellement subversive.

                                                              • Le Ciel, la Terre et l'Homme

                                                                La Grande Triade extrême-orientale unit le Ciel, principe actif, la Terre, principe passif, et l'Homme, terme médian. L'Homme véritable reçoit et réunit les deux influences au centre de son état.

                                                                • La Shekinah et Metatron

                                                                  Guénon étudie dans la Kabbale la Shekinah comme présence réelle de la Divinité et Metatron comme fonction de médiation et pôle céleste, en maintenant ces intermédiaires dans leur dépendance à l'égard du Principe.

                                                                  • Vrais et faux instructeurs spirituels

                                                                    L'instructeur véritable exerce une fonction dans une forme traditionnelle régulière et guide selon les possibilités du disciple; le faux instructeur substitue pouvoirs psychiques, prestige personnel ou enseignement indiscriminé à ces conditions.

                                                                    • La réalisation métaphysique

                                                                      La réalisation métaphysique est le passage de la connaissance théorique à la connaissance effective, dans laquelle l'être prend conscience des états qui lui appartiennent principiellement et dépasse finalement toute limitation.

                                                                      • Ascèse et ascétisme

                                                                        Guénon distingue l'ascèse, effort méthodique ordonné à une réalisation spirituelle, de l'ascétisme qui fait de l'austérité, de la souffrance ou du salut différé une fin suffisante.

                                                                        • Le Tantrisme et l'Avatâra

                                                                          Le tantrisme et l'Avatâra obligent à distinguer la méthode traditionnelle de la recherche des pouvoirs, et la manifestation descendante d'un principe de la transmigration d'un individu. Leur rapprochement éprouve la rigueur de toute comparaison doctrinale.

                                                                          • Les initiations de métier

                                                                            Les initiations de métier prennent une activité artisanale traditionnelle pour support d'une réalisation spirituelle : le geste, l'outil et la matière y prolongent un ordre cosmique transmis par une organisation régulière.

                                                                            • La Voie du Milieu

                                                                              La Voie du Milieu est l'axe qui conduit du centre de l'état humain au centre total de l'être ; elle n'est milieu absolu qu'au point où toutes les directions et oppositions sont résolues.

                                                                              • Le Ternaire alchimique

                                                                                Le ternaire alchimique du Soufre, du Mercure et du Sel figure l'activité intérieure, la réceptivité extérieure et leur résultante stabilisée. Guénon le rapproche du ternaire esprit, âme et corps sans les identifier terme à terme.

                                                                                • La Tradition polaire et la tradition atlantéenne

                                                                                  Guénon distingue l'origine hyperboréenne et polaire de la Tradition primordiale d'une tradition atlantéenne secondaire, située sur l'axe occidental. Leur confusion efface la hiérarchie des centres et des phases du Manvantara.

                                                                                  • La réalisation ascendante et descendante

                                                                                    La réalisation totale comprend une phase ascendante, qui conduit au non-manifesté, et une phase descendante, qui redéploie sans limitation la réalisation dans le manifesté.

                                                                                    • Mythologie scientifique et chamanisme

                                                                                      La mythologie scientifique et le chamanisme illustrent deux erreurs modernes distinctes : prendre des hypothèses vulgarisées pour des dogmes, et réduire une tradition cosmologique à ses seules opérations magiques ou psychiques.

                                                                                      • Nécessité et contingence

                                                                                        La manifestation est contingente en elle-même parce qu'elle n'a pas en elle sa raison suffisante, mais nécessaire dans son principe parce qu'elle est comprise dans la Possibilité universelle.

                                                                                        • Yoga

                                                                                          Le Yoga désigne proprement chez Guénon l'union effective de l'être avec l'Universel, terme suprême de la réalisation métaphysique; les disciplines corporelles, respiratoires ou mentales ne sont que des moyens préparatoires et ne doivent jamais être prises pour cette fin.

                                                                                          • L'Exotérisme et l'Ésotérisme

                                                                                            L'exotérisme est la forme extérieure, commune et nécessaire de la tradition ; l'ésotérisme en est le sens intérieur et la voie de connaissance, sans opposition ni séparation entre les deux.

                                                                                            • Le Règne de la Quantité

                                                                                              Le Règne de la Quantité désigne la phase cyclique où les aspects mesurables, uniformes et matériels des choses tendent à effacer leurs qualités propres. Il ordonne chez Guénon le diagnostic métaphysique de la modernité.

                                                                                              • La superstition de la « valeur »

                                                                                                Guénon critique la valeur comme mot d'ordre moderne qui substitue l'appréciation individuelle à la vérité et fabrique une hiérarchie subjective et moraliste à la place d'un ordre fondé sur la nature des choses.

                                                                                                • Manu et la loi du cycle

                                                                                                  Manu n'est pas chez Guénon un législateur individuel, mais le principe qui donne à chaque cycle humain sa loi propre ; la loi de Manu exprime l'ordre hiérarchique naturel de ce cycle.

                                                                                                  • Critique de l'orientalisme et de la science des religions

                                                                                                    La critique guénonienne de l'orientalisme et de la science des religions vise une méthode extérieure qui substitue la philologie, l'histoire ou la sociologie à l'intelligence interne des doctrines vivantes; elle ne rejette pas ces sciences auxiliaires, mais leur refuse la compétence sur les principes.

                                                                                                    • Sanâtana Dharma

                                                                                                      Le Sanâtana Dharma est la Tradition primordiale qui subsiste pendant tout le Manvantara. Les traditions orthodoxes en sont des adaptations régulières, sans qu'aucune forme particulière puisse lui être identifiée absolument.

                                                                                                      • Le renversement des symboles

                                                                                                        Le renversement des symboles est l'emploi intentionnel d'une figure traditionnelle selon le sens opposé à sa destination normale ; il manifeste le passage de la déviation moderne à la subversion.

                                                                                                        • L'Angélologie de l'Alphabet arabe

                                                                                                          Guénon expose une science traditionnelle où les vingt-huit lettres arabes, leurs valeurs numériques et les noms de huit anges se distribuent sur la figure circulaire du Trône.

                                                                                                          • le Nombre métaphysique

                                                                                                            Le Nombre métaphysique est le nombre compris analogiquement comme expression de principes et de rapports qualitatifs, et non seulement comme quantité; l'Unité, le Binaire, le Ternaire, le Quaternaire et le Dénaire décrivent le déploiement de la manifestation.

                                                                                                            • La théorie hindoue des cinq éléments

                                                                                                              Dans la cosmologie hindoue, l'Éther, l'Air, le Feu, l'Eau et la Terre sont les principes qualitatifs du monde corporel, ordonnés de l'indifférencié vers le différencié.

                                                                                                              • Le spiritisme

                                                                                                                Le spiritisme est pour Guénon la doctrine moderne qui affirme la communication habituelle avec les morts par l'intermédiaire de médiums. Il distingue les phénomènes psychiques possibles de leur interprétation spirite et rejette notamment la réincarnation.

                                                                                                                • Petits et Grands Mystères

                                                                                                                  Les Petits Mystères conduisent à la restauration intégrale de l'état humain et de l'état primordial ; les Grands Mystères prennent ce centre pour point de départ et réalisent les états supra-individuels jusqu'à la Délivrance.

                                                                                                                  • Atmâ

                                                                                                                    Atmâ est dans le Vêdânta le Soi principiel, universel et inconditionné, distinct du moi individuel. Il demeure identique à travers tous les états de l'être et se révèle finalement comme non différent de Brahma.

                                                                                                                    • les Possibilités éternelles de l'Être

                                                                                                                      Les Possibilités éternelles de l'Être désignent les principes ou archétypes des êtres, contenus de façon immuable dans le Verbe et possédant une actualité supérieure à celle de leurs manifestations. Guénon rapproche cette doctrine des a'yân thâbita d'Ibn Arabî.

                                                                                                                      • Brâhmanes et Kshatriyas

                                                                                                                        Les Brâhmanes et les Kshatriyas représentent respectivement la connaissance et l'action, l'autorité spirituelle et le pouvoir temporel. Leur rapport normal subordonne la force à la sagesse; son renversement ouvre la voie aux révoltes des castes inférieures.

                                                                                                                        • Brahma

                                                                                                                          Brahma est dans le Vêdânta le Principe suprême, non qualifié, au-delà de toute distinction et absolument inconditionné. Guénon le distingue d'Îshwara, détermination suprême de Brahma comme principe de la manifestation universelle.

                                                                                                                          • Les six darshanas

                                                                                                                            Les six darshanas sont les points de vue orthodoxes de la doctrine hindoue : Nyâya, Vaishêshika, Sânkhya, Yoga, Mîmânsâ et Vêdânta ne forment pas des philosophies rivales, mais des branches complémentaires ordonnées au sein d'une même tradition.

                                                                                                                            • les Cycles cosmiques

                                                                                                                              Les Cycles cosmiques ordonnent la manifestation selon des périodes emboîtées et décroissantes. Guénon distingue le Kalpa, les quatorze Manvantaras et les quatre Yugas, dont les durées expriment surtout des proportions symboliques.

                                                                                                                              • La Pauvreté spirituelle

                                                                                                                                La pauvreté spirituelle est chez Guénon la conscience de la dépendance totale de l'être envers le Principe. Elle entraîne le détachement, la réduction du moi distinct et le retour au centre.

                                                                                                                                • La Délivrance

                                                                                                                                  La Délivrance est, chez Guénon, l'aboutissement de la réalisation métaphysique: le dépassement de tout état conditionné et l'identification au Principe suprême. Elle ne détruit pas l'être, mais l'affranchit de toute limitation.

                                                                                                                                  • Le désordre social et la fin du cycle

                                                                                                                                    Le désordre social moderne procède, chez Guénon, de l'inversion qui soustrait le pouvoir temporel à l'autorité spirituelle et livre finalement la société à la multiplicité sans principe.

                                                                                                                                    • L'état primordial

                                                                                                                                      L'état primordial est chez Guénon la restauration de l'individualité humaine intégrale, affranchie de certaines limitations de l'état ordinaire, notamment de la succession temporelle, mais non encore sortie de l'individualité.

                                                                                                                                      • La Hylè, le Calame et la Table gardée

                                                                                                                                        La Hylè ou habâ, le Calame suprême et la Table gardée figurent trois fonctions corrélatives de la manifestation : réceptivité, détermination et conservation cosmique.

                                                                                                                                        • La Civilisation

                                                                                                                                          Guénon refuse de faire de la civilisation occidentale moderne la mesure unique de toute civilisation : les civilisations sont multiples, et leur ordre dépend des principes traditionnels qui les animent.

                                                                                                                                          • La Limite et le passage à la limite

                                                                                                                                            La limite est une quantité fixe et déterminée, extérieure à la série des valeurs d'une variable. Le passage à la limite ne peut donc être la dernière étape d'une variation continue, mais implique une discontinuité et un changement de point de vue.

                                                                                                                                            • L'intuition intellectuelle

                                                                                                                                              L'intuition intellectuelle est, chez Guénon, la saisie directe des principes universels. Supra-rationnelle et supra-individuelle, elle fonde toute métaphysique véritable et s'oppose aussi bien au raisonnement discursif qu'à l'intuition sensible ou bergsonienne.

                                                                                                                                              • La Superstition de la Vie

                                                                                                                                                Guénon nomme superstition de la vie la tendance moderne à enfermer la réalité dans le changement vital, l'action et l'expérience sensible, en excluant l'intellectualité supérieure.

                                                                                                                                                • Hylè et materia prima

                                                                                                                                                  La hylè ou materia prima est la puissance pure et le support passif de toute manifestation. Elle ne doit pas être confondue avec la matière des physiciens, qui est déjà déterminée et constitue une materia secunda.

                                                                                                                                                  • Le pouvoir temporel

                                                                                                                                                    Le pouvoir temporel est le domaine de l'action, de la force et du gouvernement; nécessaire dans son ordre, il ne reçoit sa légitimité et sa stabilité que de sa subordination à l'autorité spirituelle.

                                                                                                                                                    • Création et manifestation

                                                                                                                                                      Création et manifestation expriment sous deux points de vue compatibles la dépendance du monde à l'égard du Principe. La création insiste sur l'absence de toute matière indépendante; la manifestation rapporte les possibilités manifestées à la Possibilité universelle.

                                                                                                                                                      • L'Envahissement occidental et l'occidentalisation

                                                                                                                                                        L'envahissement occidental désigne chez Guénon moins l'extension politique de l'Europe que la diffusion mondiale de l'esprit moderne, matérialiste et antitraditionnel, jusque dans les peuples qui prétendent lui résister.

                                                                                                                                                        • La science traditionnelle

                                                                                                                                                          La science traditionnelle rattache les connaissances particulières aux principes métaphysiques et leur confère ainsi un sens supérieur. Elle est science sacrée parce que ses applications demeurent ordonnées à la doctrine et peuvent servir de supports à la connaissance.

                                                                                                                                                          • La Possibilité universelle

                                                                                                                                                            La Possibilité universelle comprend sans limitation toutes les possibilités, manifestées ou non manifestées. Elle ne peut avoir d'extérieur qui la limite et déborde l'Être lui-même, entendu comme principe de la manifestation.

                                                                                                                                                            • L'Homme Universel

                                                                                                                                                              L'Homme Universel n'est pas un idéal moral mais l'être effectivement réalisé dans tous les états de l'existence. Guénon en fait le centre auquel renvoient la croix, l'axe et le pôle, et le point où sa métaphysique rejoint la doctrine akbarienne de l'insân al-kâmil.

                                                                                                                                                              • La connaissance pure

                                                                                                                                                                La connaissance pure est, chez Guénon, la connaissance métaphysique directe des principes. Supra-rationnelle et non individuelle, elle ne se confond ni avec la science expérimentale, ni avec la philosophie, ni avec le sentiment religieux.

                                                                                                                                                                • Orthodoxie et hétérodoxie traditionnelles

                                                                                                                                                                  L'orthodoxie est l'accord constant d'une doctrine avec les principes de sa tradition, dont le Vêda fournit le critérium dans l'hindouisme. L'hétérodoxie est une fausseté intrinsèque, non une simple désobéissance à une autorité extérieure.

                                                                                                                                                                  • Le Paradis terrestre et le Paradis céleste

                                                                                                                                                                    Le Paradis terrestre signifie l'accomplissement intégral des possibilités de l'état humain, tandis que le Paradis céleste désigne le passage aux états supra-humains.

                                                                                                                                                                    • Le Verbe divin

                                                                                                                                                                      Le Verbe divin est chez Guénon le principe qui s'exprime dans la création, se manifeste au centre du monde et fonde l'intelligibilité des symboles. Le Christ-principe en est, dans la tradition chrétienne, la manifestation centrale.

                                                                                                                                                                      • La Quantité

                                                                                                                                                                        La quantité est le domaine du nombre, de la mesure et de l'uniformité. Chez Guénon, elle constitue le pôle substantiel inférieur de la manifestation corporelle, jamais une explication complète du réel.

                                                                                                                                                                        • La Qualité

                                                                                                                                                                          La qualité est pour Guénon l'aspect essentiel qui distingue les êtres et les choses. Elle s'oppose polairement à la quantité et se perd à mesure que la manifestation s'éloigne du principe.

                                                                                                                                                                          • Le mélange du vrai et du faux

                                                                                                                                                                            Le mélange du vrai et du faux désigne chez Guénon le procédé par lequel une contrefaçon moderne emprunte des faits, des symboles ou des termes authentiques, puis les dispose dans une doctrine fausse qui tire de ces emprunts sa vraisemblance et son pouvoir de séduction.

                                                                                                                                                                            • La confusion du psychique et du spirituel

                                                                                                                                                                              La confusion du psychique et du spirituel consiste soit à réduire le spirituel à des mécanismes psychiques, soit à prendre des phénomènes subtils et des prolongements individuels pour une réalisation supra-individuelle.

                                                                                                                                                                              • Service et obscurité

                                                                                                                                                                                Le service, l'obscurité et la présence ne sont pas chez Guénon des vertus sociales autonomes, mais des dispositions subordonnées au travail initiatique, qui empêchent l'action et le personnage individuel d'usurper la place de la réalisation.

                                                                                                                                                                                • Les langues sacrées

                                                                                                                                                                                  Une langue sacrée est le moyen d'expression propre d'une tradition et porte dans ses sons, ses lettres et ses rapports une aptitude symbolique que ne possède pas une langue seulement fixée pour l'usage rituel.

                                                                                                                                                                                  • Les prétendus Mahâtmâs et le Messie théosophiste

                                                                                                                                                                                    Le Théosophisme attribue ses enseignements à des Mahâtmâs tibétains censés gouverner secrètement le monde, puis organise l'attente d'un Instructeur du Monde autour de Krishnamurti. Guénon y voit un magistère invérifiable au service d'une pseudo-religion.

                                                                                                                                                                                    • Les centres spirituels secondaires

                                                                                                                                                                                      Les centres spirituels secondaires sont chez Guénon des adaptations locales ou cycliques du centre suprême. Plus extérieurs et souvent plus visibles, ils conservent une fonction traditionnelle déterminée sans devenir des principes indépendants.

                                                                                                                                                                                      • Connaissance et Action

                                                                                                                                                                                        Pour Guénon, la connaissance principielle est supérieure à l'action et lui donne sa raison d'être. L'action séparée de la contemplation dégénère en agitation et en dispersion.

                                                                                                                                                                                        • Connaissance et Conscience

                                                                                                                                                                                          Guénon distingue la connaissance universelle de la conscience, qui n'en est qu'un mode contingent dans certains états manifestés. La connaissance véritable est identification, non représentation individuelle.

                                                                                                                                                                                          • Christianisme et initiation

                                                                                                                                                                                            Guénon distingue le caractère ésotérique et initiatique du christianisme originel, son adaptation ultérieure en religion exotérique et les rares voies chrétiennes dont une transmission régulière a pu subsister.

                                                                                                                                                                                            • Mâyâ

                                                                                                                                                                                              Mâyâ n'est pas le néant mais la réalité relative de la manifestation, réelle par participation au Principe et illusoire lorsqu'elle se prétend indépendante. L'image du miroir en exprime la dépendance.

                                                                                                                                                                                              • La métaphysique pure

                                                                                                                                                                                                La métaphysique pure est chez Guénon la connaissance supra-rationnelle des principes universels, au-delà de la nature et de l'Être déterminé lui-même; elle n'est ni une philosophie, ni une théologie rationnelle, ni un système, et trouve son accomplissement dans la réalisation effective.

                                                                                                                                                                                                • Le Continu et la divisibilité indéfinie

                                                                                                                                                                                                  Le continu n'est pas composé d'éléments indivisibles et sa division ne produit jamais de parties dernières. Guénon distingue cette divisibilité indéfinie de l'Infini métaphysique.

                                                                                                                                                                                                  • Salut et Délivrance

                                                                                                                                                                                                    Guénon distingue le salut, finalité religieuse d'ordre individuel et encore conditionné, de la Délivrance métaphysique, qui dépasse l'individualité et toute condition d'existence.

                                                                                                                                                                                                    • Le Destin et la Mesure

                                                                                                                                                                                                      Le destin et la mesure désignent l'ordre selon lequel chaque possibilité reçoit, dans la manifestation, une limite, une proportion et une place : la mesure n'est pas la quantité seule, et la détermination n'est pas un mécanisme aveugle.

                                                                                                                                                                                                      • l'Écorce et le Noyau

                                                                                                                                                                                                        Guénon désigne par l'écorce et le noyau les rapports de l'exotérisme et de l'ésotérisme : la forme extérieure protège et voile la vérité intérieure, tandis que la voie conduit de la circonférence au centre.

                                                                                                                                                                                                        • Les influences errantes

                                                                                                                                                                                                          Les influences errantes sont des forces subtiles non individualisées, parfois formées de résidus psychiques provenant des morts; leur action explique certains phénomènes magiques ou spirites sans qu'ils soient attribués à l'esprit des défunts.

                                                                                                                                                                                                          • Er-Rûh

                                                                                                                                                                                                            Er-Rûh désigne chez Guénon l'Esprit universel, médiateur entre le Principe et la création. La science des lettres le rapporte au bâ, à la Lumière et au barzakh qui sépare tout en unissant.

                                                                                                                                                                                                            • Le néo-spiritualisme

                                                                                                                                                                                                              Le néo-spiritualisme rassemble les courants modernes qui réagissent au matérialisme tout en conservant ses cadres mentaux. En confondant le psychique et le spirituel, il constitue pour Guénon une étape avancée de la dissolution.

                                                                                                                                                                                                              • L'Élite

                                                                                                                                                                                                                L'élite intellectuelle désigne chez Guénon le petit nombre capable de recevoir puis de réaliser la connaissance métaphysique. Sans parti, sans institution publique et sans action politique directe, elle peut agir comme un ferment et rendre possible un redressement de l'Occident.

                                                                                                                                                                                                                • Rites et Symboles initiatiques

                                                                                                                                                                                                                  Dans l'initiation, le rite transmet une influence spirituelle et le symbole sert de support à la connaissance. Leur efficacité ne se réduit ni à la psychologie ni à l'allégorie.

                                                                                                                                                                                                                  • Le point de vue rituel et le point de vue moral

                                                                                                                                                                                                                    L'action rituelle est accomplie conformément à l'ordre cosmique et avec la conscience de cette conformité ; l'action morale règle extérieurement la conduite selon un point de vue plus contingent.

                                                                                                                                                                                                                    • Personnalité et individualité

                                                                                                                                                                                                                      La personnalité est le principe universel et permanent de l'être, identifié au Soi ; l'individualité humaine n'est qu'un état formel, conditionné et transitoire de cet être total.

                                                                                                                                                                                                                      • La sharîyah et la haqîqah

                                                                                                                                                                                                                        La sharîyah et la haqîqah expriment en Islam les deux faces complémentaires de la tradition: la règle commune de l'action juste et la vérité intérieure qui en est le principe et le sens profond, reliées par la tarîqah.

                                                                                                                                                                                                                        • Shruti et Smriti

                                                                                                                                                                                                                          La Shruti est l'autorité traditionnelle fondamentale, reçue par inspiration directe ; la Smriti rassemble la mémoire, la réflexion et les applications dont l'autorité dérive de leur accord avec cette source.

                                                                                                                                                                                                                          • Le zéro n'est pas un nombre

                                                                                                                                                                                                                            Le zéro mathématique signifie l'absence de quantité et ne peut être traité comme un nombre. Guénon distingue ce zéro quantitatif des grandeurs indéfiniment décroissantes et du symbolisme métaphysique de la non-manifestation.

                                                                                                                                                                                                                            • Le secret initiatique

                                                                                                                                                                                                                              Le secret initiatique n'est pas une information dissimulée, mais ce qui demeure inexprimable et incommunicable parce qu'il doit être réalisé intérieurement. Les rites transmettent une influence et des moyens, non le secret lui-même.

                                                                                                                                                                                                                              • L'autorité spirituelle

                                                                                                                                                                                                                                L'autorité spirituelle procède de la connaissance des principes et s'exerce par la conservation et l'enseignement de la doctrine. Supérieure au pouvoir temporel, elle lui communique la légitimité et la stabilité qu'il ne possède pas par lui-même.

                                                                                                                                                                                                                                • Initiation active et Mysticisme passif

                                                                                                                                                                                                                                  Guénon oppose l'initiation, voie active, méthodique et régulièrement transmise, au mysticisme passif, où l'individu reçoit des états sans initiative ni contrôle initiatique.

                                                                                                                                                                                                                                  • Différentiation et Intégration

                                                                                                                                                                                                                                    Guénon fonde la rigueur du calcul infinitésimal sur le passage des quantités variables aux quantités fixes et distingue l'analyse différentielle de la synthèse intégrale.

                                                                                                                                                                                                                                    • Entente et non fusion

                                                                                                                                                                                                                                      Entente et non fusion désigne chez Guénon l'accord possible des traditions sur les principes, sans mélange de leurs formes. La diversité régulière s'oppose à l'uniformité et aux synthèses artificielles.

                                                                                                                                                                                                                                      • Le progrès

                                                                                                                                                                                                                                        Le progrès indéfini est pour Guénon une croyance moderne qui transforme des améliorations particulières, surtout matérielles, en loi universelle de l'histoire. Elle méconnaît la doctrine traditionnelle des cycles et la décroissance qualitative qu'elle implique.

                                                                                                                                                                                                                                        • La hiérarchie des fonctions

                                                                                                                                                                                                                                          La hiérarchie des fonctions est, chez Guénon, l'ordonnance des charges sociales selon les différences de nature et d'aptitude : elle subordonne l'action à la connaissance et refuse aussi bien le privilège arbitraire que l'égalitarisme qui confond des fonctions inégales.

                                                                                                                                                                                                                                          • La pseudo-initiation

                                                                                                                                                                                                                                            La pseudo-initiation imite les formes de l'initiation sans posséder l'influence spirituelle qui leur donne vie. Guénon la distingue de la contre-initiation: la première est vide, la seconde constitue une opposition effective et inversée.

                                                                                                                                                                                                                                            • L'Initiation virtuelle et l'Initiation effective

                                                                                                                                                                                                                                              Le rattachement régulier confère l'initiation virtuelle comme commencement réel ; elle ne devient effective que par le travail intérieur qui actualise l'influence reçue.

                                                                                                                                                                                                                                              • La tarîqah

                                                                                                                                                                                                                                                La tarîqah est, dans l'ésotérisme islamique, la voie qui conduit de la sharî‘ah à la haqîqah. Guénon la figure par le rayon allant de la circonférence au centre et la rapporte à une chaîne régulière de transmission.

                                                                                                                                                                                                                                                • Solidification et dissolution

                                                                                                                                                                                                                                                  La fin du cycle moderne comporte deux mouvements successifs : la solidification du monde par la réduction quantitative, puis sa dissolution par une ouverture aux influences subtiles inférieures.

                                                                                                                                                                                                                                                  • Et-Tawhîd

                                                                                                                                                                                                                                                    Et-Tawhîd est la doctrine de l'Unité, affirmation que le Principe de toute existence est essentiellement Un; commune au fond de toute tradition orthodoxe, elle reçoit dans l'Islam son expression extérieure la plus explicite.

                                                                                                                                                                                                                                                    • Le théosophisme

                                                                                                                                                                                                                                                      Le théosophisme désigne chez Guénon la doctrine moderne de la Société Théosophique fondée par Blavatsky et Olcott, qu'il distingue de la théosophie chrétienne historique. Il y voit un assemblage pseudo-traditionnel et non la transmission d'une doctrine orientale authentique.

                                                                                                                                                                                                                                                      • Le rattachement initiatique et la chaîne traditionnelle

                                                                                                                                                                                                                                                        Le rattachement initiatique unit le postulant à une organisation traditionnelle par un rite qui transmet une influence spirituelle. La chaîne ininterrompue garantit cette transmission; le travail personnel l'actualise sans jamais pouvoir la produire.

                                                                                                                                                                                                                                                        • La tradition

                                                                                                                                                                                                                                                          La tradition, au sens guénonien, n'est ni coutume ni patrimoine culturel: elle est la transmission d'une origine supra-humaine, déployée en doctrine, institutions, rites et méthodes de réalisation.

                                                                                                                                                                                                                                                          • La Chrétienté

                                                                                                                                                                                                                                                            La Chrétienté médiévale est, chez Guénon, l'unité traditionnelle de l'Occident latin, fondée sur la primauté spirituelle et détruite lorsque les nationalités et la centralisation politique se sont substituées à son principe commun.

                                                                                                                                                                                                                                                            • Varna

                                                                                                                                                                                                                                                              Varna désigne dans la tradition hindoue la fonction sociale conforme à la nature propre de chacun. Guénon la distingue d'une classe arbitraire et d'une division raciale, et la rapporte à l'ordre qualitatif de la société.

                                                                                                                                                                                                                                                              • Le Vêdânta occidentalisé

                                                                                                                                                                                                                                                                Le Vêdânta occidentalisé est la reconstruction moderne qui transforme une doctrine métaphysique de réalisation en religion sentimentale, en morale réformatrice ou en propagande adaptée aux attentes occidentales.

                                                                                                                                                                                                                                                                • Le manifesté et le non-manifesté

                                                                                                                                                                                                                                                                  Le manifesté comprend les possibilités réalisées sous des conditions déterminées; le non-manifesté comprend les possibilités de non-manifestation et les possibilités manifestables à l'état principiel, permanent et inconditionné.

                                                                                                                                                                                                                                                                  • Yin et Yang

                                                                                                                                                                                                                                                                    Yin et Yang sont les deux catégories complémentaires de la cosmologie extrême-orientale : le passif et l'actif, l'obscur et le lumineux, le terrestre et le céleste procèdent d'une polarisation unique et ne constituent jamais deux principes indépendants.

                                                                                                                                                                                                                                                                    • La Réincarnation

                                                                                                                                                                                                                                                                      Guénon rejette la réincarnation comme une invention occidentale moderne et une impossibilité métaphysique. Il la distingue de la transmigration de l'être et de la transmission de résidus psychiques.

                                                                                                                                                                                                                                                                      • Les états d'Atmâ et les koshas

                                                                                                                                                                                                                                                                        Le Vêdânta distingue les enveloppes dont Âtmâ paraît se revêtir et les états de veille, de rêve, de sommeil profond et l'état inconditionné qui les dépasse.

                                                                                                                                                                                                                                                                        • Buddhi et Manas

                                                                                                                                                                                                                                                                          Buddhi est l'Intellect supérieur, informel et supra-individuel ; Manas est le sens interne qui coordonne la pensée, la sensation et l'action dans l'ordre individuel et formel.

                                                                                                                                                                                                                                                                          • Dêva-yâna et Pitri-yâna

                                                                                                                                                                                                                                                                            Le Dêva-yâna et le Pitri-yâna sont les deux voies symboliques des états posthumes : la voie des dieux conduit vers la Délivrance différée, celle des ancêtres maintient dans la manifestation formelle.

                                                                                                                                                                                                                                                                            • La civilisation matérielle

                                                                                                                                                                                                                                                                              La civilisation matérielle est le nom que Guénon donne à l'Occident moderne lorsqu'il subordonne toute connaissance et toute organisation à la production, à l'utilité et à la quantité. La matière n'y est plus un moyen, mais la mesure de toutes choses.

                                                                                                                                                                                                                                                                              • Les Gardiens de la Terre Sainte

                                                                                                                                                                                                                                                                                Les Gardiens de la Terre Sainte conservent l'accès au centre spirituel suprême pendant sa période d'occultation. Ils en maintiennent les relations extérieures sans livrer le sanctuaire aux regards profanes.

                                                                                                                                                                                                                                                                                • La science des lettres

                                                                                                                                                                                                                                                                                  La science des lettres relie les formes, les valeurs numériques et les combinaisons des lettres aux principes et aux réalités cosmiques qu'elles expriment. Dans l'islam, Guénon la rapporte notamment à Ibn Arabi et aux structures de l'alphabet arabe.

                                                                                                                                                                                                                                                                                  • La chirologie dans l'ésotérisme islamique

                                                                                                                                                                                                                                                                                    Guénon présente l'ʿilm al-kaff comme une science traditionnelle rattachée aux noms divins, aux planètes et aux prophètes; ses données dépendent d'une forme islamique déterminée et ne se réduisent pas à la divination populaire.

                                                                                                                                                                                                                                                                                    • Monothéisme et angélologie

                                                                                                                                                                                                                                                                                      L'angélologie traditionnelle expose des degrés et des intermédiaires célestes sans multiplier les principes : les anges expriment, dans la manifestation informelle, des aspects subordonnés au Principe suprême.

                                                                                                                                                                                                                                                                                      • Jîvan-mukta

                                                                                                                                                                                                                                                                                        Le Jîvan-mukta est l'être délivré au cours même de la vie. Par la Connaissance, il a dépassé l'individualité, réalisé l'Identité Suprême et demeure dans le monde sans être limité par ses conditions.

                                                                                                                                                                                                                                                                                        • Kundalini-Yoga

                                                                                                                                                                                                                                                                                          Le Kundalini-Yoga décrit la résorption ascendante des éléments de l'individualité par l'éveil de Kundalinî et son passage à travers les centres subtils. Guénon le rapporte à la Délivrance, non aux phénomènes ou aux pouvoirs.

                                                                                                                                                                                                                                                                                          • La Langue des Oiseaux

                                                                                                                                                                                                                                                                                            La Langue des Oiseaux est chez Guénon une désignation symbolique de la langue angélique, comprise au centre de l'état humain lorsque la communication avec les états supérieurs est rétablie. Son image terrestre est le langage rythmé.

                                                                                                                                                                                                                                                                                            • La Connaissance de soi

                                                                                                                                                                                                                                                                                              La connaissance de soi n'est, chez Guénon, ni psychologie ni examen moral : elle conduit l'être de ses modifications extérieures à son centre, où connaissance et réalisation s'unissent et où la maxime antique rejoint le hadîth sur la connaissance du Seigneur.

                                                                                                                                                                                                                                                                                              • La contre-initiation

                                                                                                                                                                                                                                                                                                La contre-initiation est chez Guénon l'action organisée qui s'oppose à l'initiation véritable et tend à conduire l'homme vers l'infra-humain. Elle se distingue de la pseudo-initiation, simple contrefaçon, tout en pouvant l'utiliser comme instrument.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                • Nâma-Rûpa

                                                                                                                                                                                                                                                                                                  Nâma-Rûpa, le nom et la forme, désigne les deux aspects constitutifs de l'individualité : le nom correspond à son essence et à son état subtil, la forme à sa substance et à son état grossier; les dépasser, c'est sortir de la condition individuelle.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                  • L'individualisme

                                                                                                                                                                                                                                                                                                    L'individualisme est, chez Guénon, la négation de tout principe supérieur à l'individualité. Il réduit la civilisation à l'humain, la connaissance à la raison individuelle et l'autorité à l'agrégation des volontés particulières.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                    • Purusha et Prakriti

                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Purusha et Prakriti sont les deux pôles de la manifestation : principe actif, essentiel et non agissant pour le premier ; substance primordiale, passive et réceptive pour la seconde. Leur corrélation n'est pas un dualisme.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                      • Les qualifications initiatiques

                                                                                                                                                                                                                                                                                                        L'initiation requiert des qualifications inhérentes à la nature individuelle, puis un rattachement régulier et un travail intérieur. L'aptitude n'est qu'une possibilité tant que ces deux autres conditions ne l'ont pas ordonnée et actualisée.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                        • Les états multiples de l'être

                                                                                                                                                                                                                                                                                                          La théorie des états multiples affirme que l'individualité humaine n'est qu'un état parmi une indéfinité d'états de manifestation et de non-manifestation. La totalité de l'être excède donc toute forme, tout monde et toute conscience individuelle.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                          • L'Influence de la civilisation islamique en Occident

                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Guénon rappelle que l'Occident médiéval reçut de la civilisation islamique des sciences grecques et hindoues, des mathématiques, une terminologie et des influences intellectuelles dont l'histoire moderne a souvent minimisé la portée.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                            • L'Unicité de l'Existence

                                                                                                                                                                                                                                                                                                              L'Unicité de l'Existence, wahdat al-wujûd, affirme l'unité principielle de l'Existence sans abolir la multiplicité de ses degrés. Elle exclut le panthéisme, l'immanentisme, le hulûl et l'ittihâd, qui confondent le Principe avec ses manifestations.