Définition

L’Imâm al-Mahdî figure, dans le prolongement islamique donné par Miftāḥ au livre de Guénon, la réunion finale de la connaissance spirituelle et du gouvernement temporel au terme du cycle.

Exposé métaphysique

Mise en place du cadre fourni par Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel et de son prolongement dans l'appendice arabe de Miftāḥ, formulée par l'encyclopédie.

La distinction des sources est ici décisive. Guénon expose la hiérarchie de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel, leurs rapports avec la connaissance et l’action, puis leurs conflits historiques. Le développement sur l’Imâm al-Mahdî ne se trouve pas dans ce texte français. Il appartient à l’appendice ajouté par le Cheikh ʿAbd al-Bāqī Miftāḥ, qui rassemble des données islamiques et surtout akbariennes.

Ce prolongement se construit autour de quatre rapports.

  1. Autorité et gouvernement. Le Mahdî ne reçoit pas seulement une mission politique. Il réunit la connaissance spirituelle, qui donne la règle, et l’action temporelle, qui l’applique à l’ordre collectif.
  2. Fonction et individu. La qualité de Mahdî ne résulte ni d’une élection humaine ni d’une propagande. Elle désigne une fonction conférée, liée au gouvernement providentiel de la fin du cycle.
  3. Centre et ministres. Le titulaire de la fonction n’agit pas comme un individu isolé. Les ministres mentionnés par Ibn ʿArabī manifestent autour de lui une ordonnance de compétences et de degrés spirituels.
  4. Achèvement cyclique. La réunion des deux pouvoirs répond à leur longue séparation. Elle n’est pas le simple retour d’une institution ancienne, mais la restauration terminale d’un ordre dont la modernité a renversé les rapports.

Le terme de califat doit donc être entendu selon ses deux dimensions. La lieutenance visible concerne le gouvernement des hommes ; la lieutenance intérieure concerne la réception et la transmission de la connaissance. Leur coïncidence dans une même fonction explique que le Mahdî soit présenté comme un pôle gouvernant et non comme un chef politique parmi d’autres.

Cette doctrine impose aussi une réserve : elle ne fournit aucun critère pour transformer une ambition contemporaine en fonction eschatologique. Plus la fonction est haute, moins elle peut être produite par l’opinion, l’organisation ou l’auto-proclamation.

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Citations de Guénon

La connaissance n’est plus envisagée alors uniquement en elle-même et pour elle-même, mais en tant qu’elle donne à l’action sa loi. (Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, p. 19)

Lecture du commentaire arabe

Synthèse de l’encyclopédie, non citation du Cheikh. Chaque proposition a été confrontée le 7 octobre 2026 aux notes et présentations du traducteur, dont la référence suit la phrase ; la notice arabe consacrée à ce sujet réunit le dossier complet.

Le Cheikh explique qu’il a ajouté à la fin de l’ouvrage un second appendice sur le Mahdî, parce que la question de l’Imâm attendu à la fin des temps, qui réunira l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel, est célèbre en islam et que l’examiner du point de vue de la gnose islamique convient au sujet du livre; cet appendice résume, avec quelques abrégés, ce qu’Ibn ʿArabī en dit dans les Futūḥāt (Autorité spirituelle et pouvoir temporel, introduction du traducteur). Il s’appuie sur les chapitres 73 (le Qāʾim de la fin des temps, dans les réponses aux questions d’al-Tirmidhī), 366 (les ministres du Mahdî), 463 (les douze pôles) et 379 (les douze clefs des trésors des connaissances) (second appendice). D’après ce résumé, Ibn ʿArabī attribue au Mahdî le rang de proximité divine, don de Dieu et plus haut degré de la sainteté; le Cheikh observe que le nombre 366 indique l’achèvement du cycle annuel, donc que l’apparition du Mahdî a lieu vers la fin du cycle temporel de la communauté muhammadienne, et que les ministres rappellent par leurs qualités de véridiques, sous certains aspects, les jeunes gens de la Caverne (second appendice).

Lecture de l’encyclopédie

note de la rédaction Cette page contient une seule citation française de Guénon, volontairement. Le corpus guénonien consulté établit la relation de la connaissance et de l’action, mais ne fournit pas de développement direct sur le Mahdî correspondant à l’appendice de Miftāḥ. Ajouter une citation plus spécifique aurait consisté à attribuer à Guénon la voix de son commentateur.

La page doit donc être lue comme une articulation entre deux couches : le cadre métaphysique de Guénon, puis son application islamique par Miftāḥ. Leur accord possible ne supprime pas leur différence d’auteur ni leur différence de statut documentaire.

Références internes

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel · La Papauté et l’Empire · La Royauté · L’Homme Universel · L’autorité spirituelle · Le pouvoir temporel · Les hiérarchies spirituelles · Connaissance et Action · Le Pôle · Melki-Tsedeq