En une phrase
Les hiérarchies spirituelles sont la projection, dans les êtres et les fonctions initiatiques, de la hiérarchie même des états de connaissance.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Les États multiples de l'être, Symboles fondamentaux de la Science Sacrée et Aperçus sur l'Initiation, formulée par l'encyclopédie.
Une hiérarchie spirituelle ne se définit ni par la célébrité, ni par un pouvoir administratif, ni même par une supériorité morale isolée. Elle exprime des degrés de réalisation effective. Chaque rang correspond à une connaissance devenue état, et non à une information plus abondante sur les mêmes objets.
Cette distinction dépend directement de la doctrine des états multiples de l’être. Si la réalité comporte des états individuels et supra-individuels, la voie qui les parcourt comporte elle aussi des degrés. La hiérarchie des êtres réalisés ne fait que rendre visible, dans un monde déterminé, l’ordre de ces états.
Guénon distingue à cet égard deux grands domaines :
- Les petits mystères conduisent à la perfection de l’état humain et à la restauration de son centre. Ils accomplissent les possibilités de l’homme intégral sans dépasser encore le degré de l’humanité.
- Les grands mystères ouvrent les états supra-individuels et conduisent au-delà de l’Être même, vers la réalisation totale.
La hiérarchie véritable est donc centrée. Plus une fonction est élevée, plus elle est proche du principe immobile dont dépendent les degrés inférieurs. Le Pôle donne à cette disposition son symbole le plus exact : il demeure fixe tandis que les fonctions particulières se distribuent autour de lui comme les rayons et la circonférence autour du centre.
Les noms, les nombres et la disposition de ces fonctions varient avec les formes traditionnelles. Le principe ne varie pas. On retrouve un sommet unique, des degrés intermédiaires et des fonctions de conservation ou de transmission. Leur invisibilité au regard profane ne les rend pas irréelles; elle tient à ce que leur action procède d’un plan que l’organisation extérieure ne suffit pas à manifester.
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Citations de Guénon
La hiérarchisation des états multiples dans la réalisation effective de l’être total permet seule de comprendre comment il faut envisager, au point de vue métaphysique pur (Les États multiples de l’être, p. 52)
Cette figure est le symbole des trois Mondes et de leurs rapports ; c’est pourquoi le Novénaire est souvent considéré comme le nombre de la hiérarchie. (Mélanges, p. 41)
Lecture du commentaire arabe
Synthèse de l’encyclopédie, non citation du Cheikh. Voir la notice arabe correspondante pour le dossier de lecture. Les attributions détaillées de ce résumé restent à confronter aux notes originales ; ce renvoi secondaire ne vaut pas vérification de chaque proposition.
Le développement suivant est reformulé par l’encyclopédie. Le Cheikh Miftāḥ rapproche la hiérarchie principielle exposée par Guénon de la doctrine des hommes du Mystère chez Ibn ʿArabī. Autour du Pôle unique se disposent les deux imams, les quatre awtād, les sept abdāl, puis d’autres fonctions dont les nombres correspondent à des divisions cosmiques.
Ce rapprochement ne transforme pas une liste de saints en organigramme visible. Les nombres indiquent des fonctions de conservation et des rapports avec les directions, les cieux ou les cycles. Un homme peut remplir l’une de ces fonctions sans être connu du public, car son rang dépend de la réalisation et de la fonction reçue, non d’un titre proclamé.
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction Il faut éviter de rabattre la hiérarchie spirituelle sur la hiérarchie des fonctions sociales. Les deux obéissent à un principe analogue, mais ne se confondent pas. Un rang initiatique est intérieur et supra-individuel; une charge sociale organise un domaine humain et extérieur.
La hiérarchie spirituelle ne peut davantage être reconstituée par une enquête sur les réputations. Ses termes décrivent une structure métaphysique avant de nommer des personnes. La question utile n’est donc pas : « Qui occupe aujourd’hui tel rang? », mais : « Quelle relation ce rang exprime-t-il entre le centre et un ordre du monde? »
Cette réserve rend aux listes traditionnelles leur portée doctrinale. Le Pôle, les piliers et les substituts ne sont plus des curiosités d’un merveilleux religieux; ils deviennent le vocabulaire fonctionnel d’un monde maintenu par son rapport au centre.
Un exemple pour approcher le sens
Une roue tient par son moyeu. Les rayons ne reçoivent pas tous la même charge, mais chacun transmet à la jante une part de la stabilité centrale. Si l’on ne regarde que la circonférence, le moyeu paraît immobile et presque inutile; pourtant aucun mouvement ordonné n’est possible sans lui.
Les hiérarchies spirituelles se lisent ainsi. Le Pôle correspond au centre, les fonctions principales aux premiers rayons, et les degrés subordonnés aux médiations qui portent l’influence jusqu’aux limites du domaine. L’image ne dit pas que les hommes sont des pièces mécaniques. Elle montre que la pluralité des charges dépend d’une unité qui ne tourne pas avec elles.
Références internes
Les États multiples de l’être · Symboles fondamentaux de la Science Sacrée · Aperçus sur l’Initiation · Pôle · Élite spirituelle · L’Homme Universel · Le Centre spirituel