En une phrase

La connaissance est le principe immuable de l’action, laquelle garde sa valeur relative tant qu’elle lui demeure subordonnée.

Exposé métaphysique

Synthèse de la position de Guénon dans La Crise du Monde moderne, Orient et Occident et Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, formulée par l'encyclopédie.

Guénon ne pose pas la contemplation et l’action comme deux activités qui s’excluraient. Elles peuvent coexister et répondre à des fonctions différentes. Mais leur rapport normal n’est pas l’égalité : l’action appartient au changement et la connaissance principielle à l’immuable. La seconde est donc supérieure et doit ordonner la première.

L’action ne porte pas en elle-même sa raison suffisante. Tout acte est une modification momentanée, déterminée par une fin qui ne se confond pas avec son mouvement. S’il n’est rattaché à aucun principe supérieur, il ne peut que se multiplier sans direction. La connaissance joue envers lui le rôle du moteur immobile : elle oriente sans appartenir au devenir qu’elle ordonne.

La civilisation moderne inverse cette hiérarchie. Elle n’estime la connaissance qu’en fonction de ses applications pratiques et fait de la production, de la vitesse et du changement des valeurs autonomes. La recherche elle-même se fragmente alors en spécialités dont aucune ne possède un principe commun.

La même relation se transpose dans l’ordre social. L’autorité spirituelle, fondée sur la connaissance, doit orienter le pouvoir temporel, dont le domaine est l’action. Leur séparation, puis la prétention du pouvoir à se suffire, reproduisent collectivement la révolte de l’action contre la contemplation.

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Citations de Guénon

Les doctrines orientales, et aussi les anciennes doctrines occidentales, sont unanimes à affirmer que la contemplation est supérieure à l’action, comme l’immuable est supérieur au changement. (La Crise du Monde moderne, p. 30)

Ce rôle de « moteur immobile », la connaissance le joue précisément par rapport à l’action. (La Crise du Monde moderne, p. 30)

Lecture de l’encyclopédie

note de la rédaction Supériorité ne signifie pas suppression. Guénon reconnaît à l’action sa place dans les contingences humaines. Son désordre commence lorsqu’elle refuse toute fin qui ne serait pas elle-même une action, et transforme le moyen en critère absolu.

La connaissance dont il s’agit n’est pas la collecte d’informations préalable à une décision. C’est une connaissance des principes et des fins. Elle ne concurrence donc pas l’action sur son propre terrain ; elle détermine la place, la mesure et l’orientation de ce terrain.

Un exemple pour approcher le sens

Une roue peut tourner très vite sans conduire nulle part si son axe n’est pas fixé. L’immobilité de l’axe n’est pas une faiblesse opposée au mouvement : elle est la condition qui rend le mouvement ordonné et transmissible.

La connaissance est cet axe pour l’action. Quand l’activité s’en détache, sa vitesse peut augmenter, mais elle devient agitation, dispersion et dépense sans terme intelligible.

Références internes

La Crise du Monde moderne · Orient et Occident · Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel · La science profane · Le pouvoir temporel · L’autorité spirituelle · La connaissance pure · La science traditionnelle · La civilisation matérielle · Les métiers anciens et l’industrie moderne