En une phrase
Agarttha est le nom donné au centre spirituel suprême lorsqu’il devient caché au cours du cycle, tout en conservant la tradition primordiale et sa fonction directrice.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Le Roi du Monde, notamment les chapitres II, VIII et XII, formulée par l'encyclopédie.
Guénon part de récits occidentaux relatifs à une contrée secrète de l’Asie centrale, mais il ne s’arrête pas à leur apparence géographique. Les versions de Saint-Yves d’Alveydre et d’Ossendowski lui servent de points de comparaison. Ce qui l’intéresse est leur concordance avec une donnée traditionnelle beaucoup plus générale, celle d’un centre suprême qui conserve le dépôt de la tradition primordiale et assure la continuité de son influence.
La notion doit être comprise selon trois plans.
- Un centre réel. Le symbolisme n’abolit pas toute réalité terrestre. Un centre spirituel peut avoir une organisation, des représentants et des rapports avec le monde extérieur. Guénon refuse seulement qu’on réduise sa réalité aux catégories de la géographie profane.
- Une fonction principielle. Le centre est le lieu de conservation intégrale de la tradition et le siège de l’autorité qui l’ordonne. Les noms, les peuples et les localisations peuvent varier, tandis que cette fonction demeure. Agarttha désigne le centre sous une forme particulière de son histoire cyclique.
- Un état de retrait. Le centre n’a pas toujours été caché et ne le sera pas toujours. Son invisibilité correspond aux conditions du Kali-Yuga. Elle ne signifie pas disparition, mais inaccessibilité pour ceux qui ne possèdent pas les qualifications requises.
Le sens du nom, « insaisissable », « inaccessible » ou « inviolable », exprime ce retrait. Avant la période obscure, le même centre aurait porté le nom de Paradêsha, la « contrée suprême », dont Guénon rapproche Pardes et « Paradis ». Cette succession de noms montre qu’il ne s’agit pas de deux centres concurrents, mais de deux modalités cycliques d’une même fonction.
Il faut enfin distinguer Agarttha des centres spirituels secondaires. Ceux-ci adaptent la tradition à un peuple, un lieu ou une époque et peuvent être plus visibles que le centre principal. Ils lui sont cependant subordonnés et ne reçoivent leur légitimité que par leur relation avec lui. L’Agarttha ne devient donc pas le décor commun de toutes les légendes de villes cachées. Elle nomme le pôle auquel ces images peuvent se rapporter selon des degrés différents.
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Citations de Guénon
L’Agarttha, dit-on en effet, ne fut pas toujours souterraine, et elle ne le demeurera pas toujours (Le Roi du Monde, p. 37)
celui d’Agarttha, qui signifie « insaisissable » ou « inaccessible » (Le Roi du Monde, p. 37)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction L’intérêt doctrinal d’Agarttha tient moins au secret qu’à la relation entre présence et visibilité. La mentalité moderne admet volontiers qu’une chose soit réelle si elle peut être localisée, photographiée et rendue publique. Guénon soutient qu’un centre peut être d’autant plus effectivement directeur qu’il échappe à cette publicité. L’invisibilité n’est pas ici une absence, mais une protection conforme à l’état du monde.
Cette réserve permet aussi de lire avec prudence les récits de souterrains, de galeries et de contrées interdites. Leur lettre peut conserver des souvenirs historiques, mais leur sens principal est symbolique. Être « sous terre » signifie être retiré du domaine ordinaire, comme le germe enfoui conserve la possibilité d’une végétation future.
Le symbole du swastika complète cette doctrine. La rotation du monde s’ordonne autour d’un point qui ne tourne pas avec elle. Agarttha représente, dans l’ordre de la géographie sacrée et de l’histoire cyclique, cette permanence centrale.
Un exemple pour approcher le sens
Une source peut disparaître sous la roche et continuer pourtant à alimenter des puits éloignés. Celui qui ne regarde que la surface croit que l’eau a cessé d’exister. Celui qui suit les résurgences comprend qu’un même courant demeure, bien que son point d’origine ne soit plus directement visible.
Agarttha est comparable à cette source cachée. Les formes traditionnelles visibles sont comme des puits ou des résurgences. Elles ne sont ni identiques au centre suprême ni indépendantes de lui. Leur eau témoigne d’une origine que la surface du monde ne laisse plus apercevoir.
Références internes
Le Roi du Monde · Les centres spirituels secondaires · Le swastika · Le Graal · Le Pôle · Melki-Tsedeq · Les Gardiens de la Terre Sainte · Le Centre spirituel · Kali-Yuga · Tula hyperboréenne et Tula mexicaine