En une phrase
L’Arbre du Milieu est l’Axe du Monde représenté sous une forme vivante: ses racines, son tronc et ses branches relient les degrés de l’existence, tandis que sa position centrale en fait l’Arbre de Vie.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Le Symbolisme de la Croix et Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, formulée par l'encyclopédie.
La croix et l’arbre peuvent sembler appartenir à deux familles symboliques éloignées. Guénon montre qu’ils possèdent la même structure. Le tronc est la ligne verticale de la croix, c’est-à-dire l’axe qui traverse le centre d’un monde et relie ses degrés. Les branches se déploient horizontalement comme les possibilités contenues dans chacun de ces degrés. Sous une forme géométrique ou végétale, le symbole expose donc la même relation entre unité axiale et multiplicité manifestée.
L’arbre est « du Milieu » parce qu’il est planté au centre. Cette situation ne désigne pas d’abord un emplacement mesurable. Elle marque le point où les oppositions s’équilibrent et où devient possible le passage vertical. Dans le symbolisme biblique, l’Arbre de Vie se dresse au milieu du Paradis terrestre, centre de l’état humain. L’accès à son fruit exprime le recouvrement de l’immortalité primordiale et du sens de l’éternité.
Il faut distinguer l’Arbre de Vie de l’Arbre de la Science du bien et du mal. Le premier se rapporte à l’unité centrale; le second à la connaissance des contraires et à la dualité. Après la chute, l’homme est éloigné du centre et soumis à l’alternance des opposés. Le retour à l’Arbre de Vie signifie la réintégration de cette dualité dans l’unité qui la contient sans être divisée par elle.
Le même symbole paraît dans de nombreuses traditions: l’Ashvattha et le Kalpa-vriksha hindous, l’Yggdrasil scandinave, l’arbre séphirothique de la Kabbale, l’arbre paradisiaque des traditions chrétienne et islamique. Cette concordance ne procède pas, pour Guénon, d’emprunts historiques qu’il faudrait reconstituer un à un. Elle tient à l’universalité de la structure symbolisée. Tout monde possède un centre et tout ensemble d’états suppose un axe.
Le serpent enroulé autour de l’arbre complète la figure. L’arbre demeure droit et fixe; le serpent décrit les spires des cycles de la manifestation. La rotation ne produit pas l’axe et ne l’entraîne pas. Elle se déploie autour de lui. Le symbole unit ainsi la permanence du principe axial au mouvement indéfini des formes et des cycles.
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Citations de Guénon
Un autre aspect du symbolisme de la croix est celui qui l’identifie à ce que les diverses traditions désignent comme l’« Arbre du Milieu » ou par quelque autre terme équivalent (Le Symbolisme de la Croix, p. 42)
Dans le symbolisme biblique, en particulier, c’est l’« Arbre de Vie », qui est planté au milieu du « Paradis terrestre », lequel représente lui-même le centre de notre monde (Le Symbolisme de la Croix, p. 42)
Cet arbre s’élève au centre du monde, ou plutôt d’un monde, c’est-à-dire du domaine dans lequel se développe un état d’existence (Le Symbolisme de la Croix, p. 42)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction La force de l’image végétale est de montrer que l’axe n’est pas une ligne abstraite ajoutée au monde. Comme le tronc distribue la sève aux branches, l’axe communique à chaque degré ce qu’il reçoit du principe. La dépendance verticale et l’expansion horizontale ne sont donc pas deux opérations séparées; elles constituent la vie même de l’arbre.
Le vocabulaire de la racine et du fruit doit pourtant être transposé selon les traditions. Certains arbres symboliques ont leur racine en haut, pour indiquer que le principe est céleste et que la manifestation descend. D’autres sont décrits selon leur apparence terrestre, racines en bas et branches en haut. Les figures s’inversent, mais la relation doctrinale demeure.
Un exemple pour approcher le sens
Dans un grand arbre, chaque feuille occupe une extrémité différente. Deux feuilles éloignées pourraient sembler n’avoir aucun rapport. Pourtant leurs nervures conduisent aux rameaux, les rameaux aux branches, et les branches au même tronc. Plus on remonte vers le centre, moins la séparation est grande.
Ainsi les états et les êtres se distinguent à la périphérie de la manifestation, mais ils dépendent d’un axe commun. Suivre seulement les branches, c’est se perdre dans leur multiplication. Revenir au tronc, c’est retrouver le principe d’unité de l’arbre; remonter l’axe, c’est passer de cette unité manifestée à sa racine principielle.
Références internes
Le Symbolisme de la Croix · Symboles fondamentaux de la Science Sacrée · L’Axe du Monde · La Croix · Le Pôle · Platon · Kabbale · Le swastika · Le Centre spirituel · Agarttha