En une phrase
La porte du Cancer ouvre sur la manifestation et le retour cyclique, tandis que la porte du Capricorne ouvre sur les états supérieurs et la sortie définitive.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, formulée par l'encyclopédie.
Le cycle annuel offre une image réduite des cycles cosmiques. Ses deux points d’arrêt apparents, les solstices, sont les extrémités d’un mouvement où chaque retournement ferme une phase et ouvre la phase complémentaire. La moitié qui va du solstice d’hiver au solstice d’été est ascendante ; celle qui revient du solstice d’été au solstice d’hiver est descendante.
Dans une première application, la porte des hommes correspond au Cancer et au solstice d’été. Elle est l’entrée dans la manifestation individuelle. La porte des dieux correspond au Capricorne et au solstice d’hiver ; elle est la sortie de cette manifestation et le passage aux états supra-individuels.
Dans l’application posthume des deux voies, la porte des hommes donne accès au pitri-yâna, la voie des ancêtres, qui comporte un retour à la manifestation. La porte des dieux donne accès au dêva-yâna, la voie des dieux, qui conduit à une sortie sans retour lorsque son terme est atteint. Une même porte peut donc être entrée ou sortie selon le cycle et le point de vue considérés.
Guénon retrouve cette structure dans les clefs de Janus, dans la lettre pythagoricienne Y, dans les fêtes des deux saints Jean et dans la caverne cosmique. Ces correspondances ne rapprochent pas artificiellement des images dispersées ; elles expriment une même loi de passage sous des formes adaptées.
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Citations de Guénon
La « porte des hommes », correspondant au solstice d’été et au signe zodiacal du Cancer, c’est l’entrée dans la manifestation individuelle. (Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, p. 131)
L’une des deux portes est à la fois une entrée et une sortie, tandis que l’autre est une sortie définitive. (Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, p. 213)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction La difficulté vient de ce que les correspondances paraissent s’inverser. Le solstice d’été marque le commencement de la phase descendante, bien qu’il soit extérieurement le sommet de la lumière annuelle ; le solstice d’hiver ouvre la phase ascendante au cœur de la plus longue nuit. Le symbolisme regarde le mouvement qui commence, non le maximum sensible qui vient d’être atteint.
La porte ne figure donc pas seulement une date. Elle désigne le changement de régime qui survient à la limite d’un cycle, et, dans l’ordre initiatique, le choix entre une nouvelle condition manifestée et le passage au supra-individuel.
Un exemple pour approcher le sens
Au sommet d’un col, le voyageur a fini de monter, mais il commence aussitôt à descendre. Au fond d’une vallée, sa descente s’achève au point même où commence la remontée. Le lieu où le mouvement paraît s’arrêter contient déjà son renversement.
Les solstices jouent ce rôle dans le cycle annuel. Ils sont des seuils : l’un fait entrer dans la branche descendante, l’autre dans la branche ascendante. Transposés à l’être, ils deviennent les portes de deux destinées.
Références internes
Symboles fondamentaux de la Science Sacrée · Dêva-yâna et Pitri-yâna · Ananda K. Coomaraswamy · Platon · La Porte étroite · La Caverne · L’Axe du Monde · Salut et Délivrance · Le Pont · L’Échelle