En une phrase

L’échelle est un axe discontinu dont chaque échelon représente un degré de l’existence et dont la double circulation figure la montée vers les états supérieurs puis la redescente de leurs effets.

Exposé métaphysique

Synthèse de la position de Guénon dans l'étude « Le symbolisme de l'échelle » des Symboles fondamentaux de la Science Sacrée et dans L'Ésotérisme de Dante, formulée par l'encyclopédie.

L’échelle appartient à la famille des symboles axiaux. Comme l’arbre, le mât ou le pilier, elle relie des niveaux superposés. Sa particularité tient aux échelons : l’axe continu y devient une suite ordonnée de stations, si bien que le passage d’un monde à un autre peut être figuré comme une ascension graduée.

Les deux montants ne sont pas eux-mêmes l’axe. Ils correspondent aux deux côtés d’une polarité, tandis que le véritable axe passe invisiblement par le milieu de chaque échelon. Ceux-ci réunissent les montants et rapportent leur dualité à une ligne centrale qui n’a pas besoin d’être matériellement tracée.

Chaque échelon figure un monde, un ciel ou un degré de connaissance. Dans l’échelle de Jacob, les anges montent et descendent entre la terre et les états supérieurs. Dans les initiations anciennes, le nombre des échelons peut correspondre aux planètes, aux cieux ou aux sciences traditionnelles. Le nombre n’est donc pas décoratif : il règle la structure des degrés envisagés.

L’échelle double ajoute une seconde circulation. La montée se rapporte à l’acquisition des sciences, c’est-à-dire à la réalisation des états ; la descente se rapporte aux vertus, entendues comme les effets de cette connaissance à chacun des niveaux qu’elle ordonne. La réalisation ne s’achève pas dans une fuite vers le haut, mais dans une possession qui permet le retour.

Le symbole interdit enfin l’idée d’un saut arbitraire. On ne supprime pas les degrés sous prétexte que le terme est supérieur à tous. L’ordre de l’ascension exprime les conditions selon lesquelles l’être peut effectivement parcourir la hiérarchie qui demeure seulement virtuelle pour lui au départ.

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Citations de Guénon

Ce qui est beaucoup moins discutable, c’est l’identification des figures symboliques vues par Dante : la croix dans le ciel de Mars, l’aigle dans celui de Jupiter, l’échelle dans celui de Saturne. (L’Ésotérisme de Dante, p. 11)

Lecture de l’encyclopédie

note de la rédaction L’échelle joint trois notions que l’on sépare facilement : l’axe, la hiérarchie et le rythme du parcours. L’axe donne l’orientation commune ; la hiérarchie distingue les états ; les échelons imposent leur succession. Une simple image d’élévation ne suffirait pas à réunir ces trois aspects avec la même précision.

La rareté des citations courtes vient ici de la construction même de l’étude de Guénon : les phrases qui définissent l’échelle développent presque toujours en une seule période le symbole, les échelons et les mondes. L’exposé ci-dessus en donne l’analyse sans transformer ces longues périodes en fragments cités.

Un exemple pour approcher le sens

Un escalier relie deux étages, mais il ne les confond pas. Celui qui se trouve sur la troisième marche n’est plus au sol et n’est pas encore au palier. Sa position est réelle, déterminée et orientée par le même axe vertical que toutes les autres.

L’échelle symbolique transpose cette expérience. Chaque degré est un état à réaliser, non un nom à mémoriser. La redescente signifie que la hauteur atteinte doit ensuite ordonner ce qui se trouve au-dessous d’elle.

Références internes

Symboles fondamentaux de la Science Sacrée · L’Ésotérisme de Dante · Axe du Monde · Le Pont · La réalisation ascendante et descendante · Mohyiddin ibn Arabi · La Porte étroite · Les Portes solsticiales · L’Arbre du Milieu · La réalisation métaphysique