En une phrase
Om est le symbole sonore d’Âtmâ : ses éléments A, U et M correspondent à trois conditions de la conscience, tandis que le monosyllabe pris en lui-même indique le Quatrième, au-delà de toute condition.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans L'Homme et son devenir selon le Vêdânta et Le Roi du Monde, formulée par l'encyclopédie.
Guénon ne traite pas Om comme une formule sonore isolée. Le monosyllabe appartient à une doctrine complète des états de l’être, exposée à partir de la Mândûkya Upanishad. Le symbole, ses éléments et ce qu’ils représentent doivent être considérés ensemble.
- A et l’état de veille. Le premier élément correspond à Vaishwânara, la condition dans laquelle la conscience se rapporte au monde sensible. Le son A est aussi le commencement et la base des autres articulations vocales.
- U et l’état de rêve. Le second élément correspond à Taijasa, état subtil intermédiaire entre la veille et le sommeil profond. Sa position entre A et M exprime cette médiation.
- M et le sommeil profond. Le troisième élément correspond à Prâjna, où les possibilités de la manifestation individuelle sont enveloppées dans un état unifié et non distingué. Le son s’achève et se résorbe dans la nasalisation finale.
- Le Quatrième. Om considéré indépendamment de ses trois mâtrâs désigne Turîya, non comme un quatrième état ajouté aux autres, mais comme Âtmâ inconditionné, principe de toutes les conditions et identique à aucune d’elles.
Le symbole opère donc dans deux directions. Décomposé, il ordonne les états et montre leur hiérarchie. Pris dans son unité, il reconduit leur multiplicité à ce qui la dépasse. Cette double fonction préserve la doctrine d’une lecture psychologique : veille, rêve et sommeil ne sont pas étudiés pour eux-mêmes, mais comme supports permettant de comprendre des modalités d’Âtmâ.
Guénon précise ailleurs que Aum représente le monosyllabe décomposé en ses éléments, tandis que Om correspond à sa prononciation réelle. La différence n’est donc pas celle de deux symboles concurrents. Elle distingue une analyse graphique ou constitutive de l’unité effectivement proférée.
La méditation sur Om n’est pas davantage une technique acoustique autonome. Ses effets dépendent de la connaissance de la correspondance et se rapportent à des degrés de réalisation : développement intégral de l’individualité, états supra-individuels, puis Identité Suprême.
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Citations de Guénon
La suite de la Mândûkya Upanishad se rapporte à la correspondance du monosyllabe sacré Om et de ses éléments (mâtrâs) avec Âtmâ et ses conditions (pâdas). (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 73)
Ces effets correspondent à la réalisation de différents degrés spirituels. (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 75)
Le quatrième est la réalisation de l’« Identité Suprême ». (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 75)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction Le symbolisme d’Om est un cas exemplaire de la méthode de Guénon. Le son, la lettre, l’état de conscience et le degré métaphysique ne sont pas confondus, mais placés dans un réseau de correspondances. Le symbole est exact parce qu’il maintient ces plans distincts tout en permettant de passer de l’un à l’autre.
On comprend alors pourquoi l’usage moderne d’Om comme son d’ambiance ou signe d’identité religieuse en diminue la portée. Détaché du Vêdânta et de la doctrine d’Âtmâ, le monosyllabe peut conserver une apparence sacrée tout en perdant la connaissance qui donne sens à sa structure.
Un exemple pour approcher le sens
Un accord musical contient plusieurs notes que l’oreille peut distinguer, mais il les donne dans une unité qui n’est aucune note séparée. Analyser l’accord permet de reconnaître ses composantes ; l’entendre permet de saisir leur simultanéité.
A, U et M sont comparables, avec toutes les réserves nécessaires, aux composantes ainsi discernées. Om est leur unité sonore, et le silence qui ne se confond avec aucune d’elles suggère ce qui dépasse leurs conditions. Le symbole conduit de l’analyse des états à leur principe.
Références internes
L’Homme et son devenir selon le Vêdânta · Le Roi du Monde · La science des lettres · Le Verbe divin · Les langues sacrées · Les états d’Atmâ et les koshas · Vêdânta · Atmâ · Le Vêdânta occidentalisé