En une phrase

Le Vêdânta est la partie proprement métaphysique de la tradition hindoue, la « fin du Vêda » à la fois comme terme des textes védiques et comme but suprême de la connaissance traditionnelle.

Exposé métaphysique

Synthèse de la position de Guénon dans L'Homme et son devenir selon le Vêdânta et Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, formulée par l'encyclopédie.

Le nom unit Vêda, la connaissance sacrée, à anta, la fin. Guénon conserve les deux sens de ce dernier mot. Historiquement et textuellement, les Upanishads forment la partie finale du corpus védique. Doctrinalement, leur enseignement porte sur la fin dernière de toute connaissance, c’est-à-dire sur la métaphysique et sa réalisation.

Le Vêdânta est aussi nommé Brahma-Mîmânsâ ou Uttara-Mîmânsâ, la seconde Mîmânsâ. Il se distingue de la Pûrva-Mîmânsâ, orientée vers l’action rituelle, sans s’opposer à elle. L’une considère plus spécialement les œuvres et les conditions de l’action traditionnelle; l’autre, la connaissance de Brahma. Les deux points de vue appartiennent au même ensemble védique, mais ils ne se placent pas au même degré.

Les Brahma-Sûtras donnent une formulation synthétique de la doctrine des Upanishads. Leurs commentaires ont produit plusieurs écoles, parmi lesquelles Guénon accorde une importance particulière à celui de Shankarâchârya. La doctrine adwaita, non dualiste, conduit jusqu’à l’identité essentielle d’Âtmâ et de Brahma, au delà de toute distinction individuelle et de toute détermination de la manifestation.

Qualifier le Vêdânta de philosophie en réduirait la portée à une construction du mental humain. Le définir comme religion au sens occidental le ramènerait à la croyance, au sentiment et au salut individuel. Or son domaine est celui de l’Universel et sa fin est la connaissance effective. Les exposés théoriques ne sont donc que la préparation d’une réalisation qui dépasse la théorie.

Cette doctrine fournit à Guénon une langue particulièrement rigoureuse pour traiter des états multiples de l’être, de la distinction de la personnalité et de l’individualité, et de la Délivrance. Elle ne constitue pas pour autant un système guénonien. Guénon se présente comme exposant une doctrine traditionnelle dont l’autorité ne dépend ni de lui ni d’un fondateur humain.

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Citations de Guénon

Le Vêdânta, contrairement aux opinions qui ont cours le plus généralement parmi les orientalistes, n’est ni une philosophie, ni une religion, ni quelque chose qui participe plus ou moins de l’une et de l’autre. (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 5)

Pour en revenir au Vêdânta, nous dirons qu’il faut, en réalité, y voir une doctrine purement métaphysique, ouverte sur des possibilités de conception véritablement illimitées, et qui, comme telle (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 6)

La seconde Mîmânsâ est encore appelée Brahma-Mîmânsâ, comme concernant essentiellement et directement la « Connaissance Divine » (Brahma-Vidyâ); c’est elle qui constitue à proprement parler le Vêdânta, c’est-à-dire, suivant la signification étymologique de ce terme (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 8)

Lecture de l’encyclopédie

note de la rédaction Le Vêdânta joue dans l’œuvre de Guénon un double rôle. Il est un objet d’exposé traditionnel précis, avec son vocabulaire, ses textes et ses commentaires. Il est aussi un langage de référence pour exprimer des distinctions métaphysiques universelles. Ce second usage ne doit pas conduire à dissoudre les autres traditions dans une forme hindoue.

Les rapprochements avec l’ésotérisme islamique portent donc sur des structures et des degrés, non sur une identité extérieure des doctrines. Âtmâ et Brahma, la Délivrance ou les états de l’être peuvent éclairer des formulations d’une autre tradition, mais chaque voie conserve ses textes, ses rites et sa transmission propres.

Un exemple pour approcher le sens

Dans une université traditionnelle imaginaire, un premier enseignement apprend à accomplir correctement les opérations prescrites. Il règle le geste, le moment et la formule. Un enseignement supérieur ne déclare pas ces règles fausses; il dévoile le principe dont elles dépendent et conduit l’étudiant à une connaissance qui transforme sa manière d’être.

La relation de la première Mîmânsâ au Vêdânta peut être approchée par cette image. Le second n’abolit pas l’ordre de l’action, mais il considère la connaissance principielle qui en est la fin et qui, seule, conduit au delà de toute action conditionnée.

Références internes

L’Homme et son devenir selon le Vêdânta · Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues · La Délivrance · La Possibilité universelle · Les six darshanas · Upanishad · Shankaracharya · Shruti et Smriti · Le Vêdânta occidentalisé · Atmâ