En une phrase
Les lettres arabes composent, par leur ordre numérique, huit noms angéliques disposés autour du Trône, manifestant l’unité du nombre, du nom et de la direction.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Aperçus sur l'ésotérisme islamique et le taoïsme, formulée par l'encyclopédie.
Guénon présente le Trône divin comme une figure circulaire entourant les mondes. Er-Rûh occupe le centre ; huit anges soutiennent la circonférence, quatre aux points cardinaux et quatre aux points intermédiaires. Leurs noms sont formés de groupes de lettres pris selon la succession des valeurs numériques, et leur ensemble comprend toutes les lettres de l’alphabet.
La répartition porte sur l’alphabet arabe de vingt-huit lettres. Guénon rappelle toutefois une tradition selon laquelle il en aurait d’abord compté vingt-deux, comme l’alphabet hébraïque. Le petit Jafr emploie les vingt-deux lettres ; le grand Jafr emploie les vingt-huit avec leurs valeurs distinctes. Le passage de l’un à l’autre modifie nécessairement les noms angéliques.
Cette conséquence n’est pas une difficulté pour la doctrine traditionnelle. Une langue sacrée et ses formes ne sont pas des conventions isolées : leurs transformations ont des prototypes dans l’ordre céleste. La variation d’une structure alphabétique correspond donc à une modification réelle de la forme traditionnelle, et non à une simple réforme graphique.
Les deux moitiés de quatorze lettres donnent les huit groupes. Leurs valeurs forment au total 5 995. Guénon relève la symétrie de ce nombre : son centre, 99, évoque les noms attributifs d’Allah ; ses extrêmes, 55, donnent la somme des dix premiers nombres. La somme de ses chiffres restitue enfin 28, le nombre des lettres. Le calcul n’est pas ajouté au symbole : il en expose l’architecture.
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Citations de Guénon
Les noms de ces huit anges sont formés par autant de groupes de lettres, prises en suivant l’ordre de leurs valeurs numériques. (Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le taoïsme, p. 26)
Enfin, la somme des chiffres de ce nombre est 5 + 9 + 9 + 5 = 28, c’est-à-dire le nombre même des lettres de l’alphabet dont il représente la valeur totale. (Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le taoïsme, p. 28)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction Cette angélologie donne un exemple particulièrement net de science traditionnelle. La lettre y est à la fois son, nombre, élément d’un nom et position dans une figure cosmique. Ces aspects ne sont pas juxtaposés : chacun traduit le même rapport dans un ordre différent.
Lire ces calculs comme des coïncidences numériques ferait perdre leur principe. La science des lettres ne recherche pas n’importe quelle ressemblance entre des nombres ; elle opère à l’intérieur d’une langue sacrée et d’un ensemble de correspondances transmis par une tradition déterminée.
Un exemple pour approcher le sens
Sur une rose des vents, chaque point possède une direction et une place dans l’ensemble. Si chaque direction reçoit un groupe de lettres, et si ces lettres forment un nom dont la valeur mesure le rapport au centre, l’alphabet cesse d’être une simple liste de sons.
Il devient une carte ordonnée. On ne peut déplacer une lettre sans modifier à la fois le nom, le nombre et la distribution de la figure.
Références internes
Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le taoïsme · La science des lettres · Er-Rûh · L’Homme Universel · le Nombre métaphysique · Le Pôle