En une phrase
La demi-circonférence du nûn est l’arche ou la matrice qui préserve, dans son point central, le germe d’immortalité entre une mort et une nouvelle naissance.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Symboles fondamentaux de la Science Sacrée et Aperçus sur l'ésotérisme islamique et le taoïsme, formulée par l'encyclopédie.
Dans les alphabets arabe et hébraïque, la lettre nûn occupe le quatorzième rang et vaut cinquante. Dans l’alphabet arabe, elle achève en outre la première moitié des vingt-huit lettres. Sa position numérique l’inscrit ainsi au milieu d’un cycle alphabétique dont elle marque une articulation.
Le mot nûn signifie aussi poisson. Cette correspondance explique le nom de Dhûn-Nûn donné au prophète Jonas. La baleine qui l’engloutit ne figure pas seulement une puissance dévorante : elle devient une arche vivante, le lieu d’une obscuration où l’état antérieur est résorbé avant le passage à un état nouveau. La sortie de Jonas est ainsi un symbole de résurrection.
La forme arabe précise la doctrine. Sa demi-circonférence inférieure ressemble à une arche flottant sur les eaux, à une coupe ou à une matrice. Le point situé en son centre représente le germe préservé pendant la dissolution extérieure. L’être paraît réduit à un point, mais ce point concentre ses possibilités essentielles et rend possible leur développement dans un état supérieur.
Guénon rapproche enfin le nûn arabe de la lettre sanscrite correspondante, figurée par la demi-circonférence supérieure. Leur réunion forme le cercle avec son centre, image du cycle complet, du soleil et de l’or. L’arche inférieure et l’arc-en-ciel supérieur expriment deux moments inverses et complémentaires : préservation dans l’obscuration, puis restauration de l’ordre.
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Citations de Guénon
La sortie de Jonas du sein de la baleine a toujours été regardée comme un symbole de résurrection, donc de passage à un nouvel état. (Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, p. 152)
La position centrale de ce point montre d’ailleurs qu’il s’agit en réalité du « germe d’immortalité », du « noyau » indestructible qui échappe à toutes les dissolutions extérieures. (Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, p. 152)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction Le nûn condense une règle fréquente du symbolisme guénonien : le lieu de l’engloutissement est aussi le lieu de la sauvegarde. La baleine, les eaux et la nuit séparent deux états, mais ils protègent le germe contre la destruction qui atteint les formes extérieures.
Le point n’est donc pas un reste matériel. Il représente une possibilité centrale et indestructible, enveloppée tant que le développement nouveau n’a pas commencé. La nouvelle naissance n’est pas la reprise identique de l’ancien état, mais son passage à une modalité différente.
Un exemple pour approcher le sens
Une graine enfouie en hiver semble avoir perdu toute forme vivante. Sa réduction et son obscurité ne sont pourtant pas une annihilation : elles conservent en un noyau ce qui se déploiera au printemps.
La demi-circonférence du nûn est comme la terre protectrice ou l’arche ; le point est comme la graine. Le symbole ne décrit pas une croissance continue, mais le passage par une concentration silencieuse entre deux développements.
Références internes
Symboles fondamentaux de la Science Sacrée · Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le taoïsme · La science des lettres · Le Pôle · La Caverne · L’Âme universelle · le Nombre métaphysique · L’Angélologie de l’Alphabet arabe · Le Cœur · La Sphère