Aperçu

Publié en 1927, La Crise du Monde moderne est le livre par lequel Guénon est le plus souvent abordé, et c’est un malentendu utile : on y vient pour la critique de la modernité, on y découvre que cette critique n’est pas sociale mais métaphysique.

La thèse tient en une phrase : la civilisation moderne n’est pas une étape avancée d’un développement continu, mais une anomalie, la seule civilisation connue qui se soit coupée de tout principe supérieur et se soit enfermée dans le domaine matériel. Ce que l’époque nomme progrès est, dans cette lecture, la mesure exacte de sa perte.

Quatre points portent le livre :

  1. L’humanisme comme programme. Guénon fait remonter la rupture à la Renaissance, et il en désigne le mot d’ordre : ramener toute chose à la mesure humaine, donc congédier ce qui la dépasse.
  2. La confusion du savoir. Les sciences modernes ne sont pas fausses dans leur ordre ; elles sont partielles et se prennent pour le tout.
  3. L’individualisme. La négation de toute autorité supérieure à l’individu est le ressort commun de la philosophie, de la politique et de la religion modernes.
  4. La fin d’un cycle. Le désordre observé n’est pas accidentel : il est le caractère propre de la phase terminale d’un cycle.

Comment le lire : court, dense, sans appareil technique. C’est la porte d’entrée de l’œuvre, à lire avant Le Règne de la Quantité, qui en est le développement tardif et complet.

Présentation

Le livre prolonge directement Orient et Occident (1924). Là où le premier posait l’opposition de deux types de civilisation, celui-ci se concentre sur un seul terme : l’Occident moderne, examiné non comme une aire géographique mais comme une mentalité.

C’est aussi le livre qui a fixé le vocabulaire de Guénon pour le reste de l’œuvre : tradition, principe, profane, individualisme, solidification. Qui lit d’abord La Crise possède le lexique qu’il retrouvera partout ailleurs.

Édition numérique citée

Fichier de référence : René Guénon - La Crise du Monde moderne - 90 pages .pdf (90 pages numériques). Les références de cette notice suivent ce fichier, non la pagination d’une autre édition.

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Citations de Guénon

Il y a un mot qui fut mis en honneur à la Renaissance, et qui résumait par avance tout le programme de la civilisation moderne : ce mot est celui d’« humanisme ». (La Crise du Monde moderne, p. 14)

Lecture de l’encyclopédie

note de la rédaction La version arabe donne accès au livre dans la traduction du Cheikh Meftah, accompagnée de ses notes. Les citations de cette notice sont prises dans le texte français ; les présentations qui les entourent restent une médiation éditoriale.

Comparer les deux éditions permet d’étudier les choix de vocabulaire et les rapprochements proposés par le commentaire arabe. Une synthèse de ce commentaire ne doit pas être confondue avec une citation de Meftah : les pages concernées en indiquent la nature et les limites de vérification.

Liens avec les autres livres

Pages qui citent ce livre

Connaissance et Action · Kali-Yuga · L’Envahissement occidental et l’occidentalisation · L’individualisme · L’Occident · L’Orient · L’Élite · La Civilisation · La civilisation matérielle · La science profane · La science traditionnelle · La Superstition de la Vie · La tradition · Le désordre social et la fin du cycle · Le progrès · Le Règne de la Quantité · Manvantara · Matérialité et sentimentalité · René Descartes · René Guénon

Références internes

Orient et Occident · La Métaphysique orientale · Le Règne de la Quantité · Les métiers anciens et l’industrie moderne