En une phrase
Le Kundalini-Yoga est une voie de résorption qui fait remonter la puissance vitale centrale à travers les degrés subtils de l’individualité jusqu’à leur dépassement dans la réalisation du Soi.
Exposé métaphysique
Synthèse de l'étude « Kundalinî-Yoga » du Recueil posthume, Articles, éclairée par L'Homme et son devenir selon le Vêdânta, formulée par l'encyclopédie.
Guénon rattache le Kundalini-Yoga au laya-yoga, la voie de dissolution ou de résorption. Les éléments de la manifestation individuelle y sont repris dans l’ordre inverse de leur production. Les conditions les plus grossières sont résorbées dans les plus subtiles, jusqu’au passage au domaine supra-individuel. L’union qui donne son nom au yoga n’est pas la fabrication d’un état nouveau, mais la prise de conscience de l’Identité qui est.
Les centres appelés chakras appartiennent essentiellement à la forme subtile. Leur localisation le long de la colonne vertébrale exprime une correspondance avec l’organisme corporel ; elle ne les transforme pas en organes anatomiques. Guénon refuse aussi bien leur réduction à des plexus nerveux que l’image occultiste d’un second corps matériel copiant le premier.
Trois canaux principaux structurent le parcours : sushumnâ occupe la position centrale, tandis qu’idâ et pingalâ forment les deux courants latéraux polarisés. Les six centres principaux s’échelonnent depuis mûlâdhâra, à la base, jusqu’à âjnâ, rapporté au troisième œil. Sahasrâra, le lotus aux mille pétales, se situe au-delà de leur série parce qu’il se rapporte à un état qui dépasse l’individualité.
Kundalinî est la Shakti cosmique considérée dans l’être humain à l’état enroulé et latent. Son éveil la fait pénétrer dans le canal central. Elle traverse les centres, résorbe les puissances particulières qui leur correspondent et les entraîne vers le centre supérieur. Le serpent, le lotus, la lettre et le son composent ici une doctrine de correspondances, non une description physiologique.
Des pouvoirs peuvent apparaître à certains degrés. Ils ne sont que des effets accidentels et deviennent des obstacles si l’être les prend pour fin. Le yogî ne vise aucun état conditionné, même supérieur ou céleste. Le terme est la Délivrance et l’état de jîvanmukta, libéré dans la vie.
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Citations de Guénon
Ne retrouve-t-on pas nettement, dans la description de la croissance de cet arbre mystérieux (qui est, cela va sans dire, essentiellement « axial ») (Recueil posthume, Comptes rendus d’articles et notices nécrologiques, p. 211)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction Les lectures modernes isolent volontiers trois éléments, énergie, centres et expériences, puis les recomposent dans une technique de bien-être. Guénon les ordonne au contraire à une cosmologie et à une fin métaphysique. Retirer cette ordonnance laisse des images suggestives, mais change la nature de la doctrine.
Les phrases où l’étude définit Kundalinî, son éveil et son terme dépassent presque toutes la longueur admise ici pour une citation. Une seule phrase courte a donc été retenue. Elle confirme la structure axiale des trois canaux principaux et des sept centres.
Un exemple pour approcher le sens
Une partition peut indiquer sur une même portée plusieurs voix qui se croisent sans devenir des objets placés dans le papier. Leur position écrite exprime des rapports de hauteur, de durée et de résolution.
De même, la localisation des centres donne une forme intelligible à des correspondances entre degrés subtils et corporels. Chercher le chakra comme un organe dissécable reviendrait à chercher la musique dans l’épaisseur de la feuille.
Références internes
Recueil posthume, Articles · Recueil posthume, Comptes rendus d’articles et notices nécrologiques · L’Homme et son devenir selon le Vêdânta · Salut et Délivrance · Réalisation métaphysique · Jîvan-mukta · Yoga · Personnalité et individualité · Atmâ · Moksha