Définition
Le point métaphysique n’est pas un fragment infiniment petit de l’étendue : sans dimensions et antérieur à la condition spatiale, il est le principe dont le rayonnement produit l’espace et dont les manifestations y deviennent des centres relatifs.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Le Symbolisme de la Croix, notamment « Le symbolisme métaphysique de la croix » et « Rapports du point et de l'étendue », formulée par l'encyclopédie.
La géométrie ordinaire définit le point comme sans dimensions, puis représente les lignes par des ensembles de points. Guénon demande de distinguer la convention mathématique de la signification principielle. Une somme d’éléments sans étendue ne saurait, par simple accumulation, produire de l’étendue.
Pour qu’une distance existe, il faut déjà deux points et la relation qui les unit tout en les séparant. L’étendue apparaît donc avec la dualité et la relation. Le point principiel, considéré en lui-même, précède cette condition : il n’est ni long, ni large, ni situé à côté d’un autre.
Dire qu’il précède l’espace ne signifie pas qu’il se trouve dans un lieu antérieur ou plus petit. Tout lieu appartient déjà à l’étendue. Le point est principe de l’espace parce qu’il en contient la possibilité et le réalise par son acte, figuré par le rayonnement dans toutes les directions.
Lorsqu’il se manifeste dans l’espace, il y devient centre. Les rayons relient ce centre à tous les points de la circonférence, tandis que les axes déploient les directions opposées à partir de son unité. La croix donne la figure la plus simple de ce déploiement : son intersection reste indivisible alors que ses branches étendent les dimensions.
Il faut ainsi distinguer le point principiel de chacun des points situés. Ces derniers sont ses modalités spatiales et peuvent être multipliés indéfiniment. Leur diversité n’affecte pas l’unité de ce dont ils procèdent, pas plus que la multiplicité des directions ne divise le centre qui les ordonne.
Cette doctrine reçoit une application dans le symbolisme de l’Homme Universel. L’être réalisé au centre n’est pas l’individu qui se prendrait pour la mesure du monde. Il correspond au point où les états et les directions sont intégrés, et d’où leur extension peut être comprise sans dispersion.
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Citations de Guénon
Le point est effectivement symbole de l’unité ; il est le principe de l’étendue, qui n’existe que par son rayonnement (Le Symbolisme de la Croix, p. 20)
Le point, considéré en soi, n’est aucunement soumis à la condition spatiale, puisque, au contraire, il en est le principe (Le Symbolisme de la Croix, p. 67)
Lecture du commentaire arabe
Synthèse de l’encyclopédie, non citation du Cheikh. Chaque proposition a été confrontée le 7 octobre 2026 aux notes et présentations du traducteur, dont la référence suit la phrase ; la notice arabe consacrée à ce sujet réunit le dossier complet.
Dans une note du traducteur à l’article sur l’idée du centre dans les traditions antiques, celui-ci explique que, dans la gnose islamique, le point central originel est symbolisé, dans la symbolique des lettres, par le point supérieur de la lettre alif, parfois appelé le trésor caché, d’où descend son premier rayon, la hampe de l’alif elle-même, qui symbolise l’unité. Le point et l’alif représentent le centre et le rayon du cercle de la Présence divine. Le centre du cercle de la présence cosmique, ou centre du monde, est figuré par le point sous la lettre bâʾ, dont le rayon est la longueur de la ligne horizontale du bâʾ, signe de sa passivité à l’égard de l’action que lui transmet la verticalité de l’alif (Symboles fondamentaux de la Science sacrée, note du traducteur à l’article L’idée du centre dans les traditions antiques).
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction Le langage géométrique de Guénon ne cherche pas à déduire la métaphysique des mathématiques. Il utilise des relations simples et exactes pour rendre visibles des rapports que le discours abstrait sépare difficilement : unité et multiplicité, principe et manifestation, centre et extension.
Le point est à cet égard un symbole privilégié parce qu’il appartient à la géométrie sans être lui-même une étendue. Il offre un passage intellectuel entre ce qui est représenté et la condition de la représentation. Ce passage doit rester analogique : le Principe n’est pas littéralement un objet géométrique.
Références internes
Le Symbolisme de la Croix · L’Homme Universel · La Voie du Milieu · L’Âme universelle · La Possibilité universelle · Le Centre et la Circonférence · La Croix · Le swastika · La Roue cosmique · La Sphère