En une phrase

Les Upanishads sont la partie du Vêda où la tradition hindoue expose sa doctrine métaphysique essentielle, et sur laquelle le Vêdânta fonde son enseignement de la Connaissance suprême.

Exposé métaphysique

Synthèse de la position de Guénon dans L'Homme et son devenir selon le Vêdânta et Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, formulée par l'encyclopédie.

Le terme Vêdânta signifie « fin du Vêda ». Cette fin doit s’entendre dans un double sens. Les Upanishads forment la partie finale des textes védiques, mais elles en expriment aussi la fin comme but: la connaissance métaphysique à laquelle est ordonné l’ensemble de la tradition.

Le Vêdânta repose principalement sur leur enseignement. Les Brahma-Sûtras en coordonnent les données sous une forme aphoristique, et les commentaires de Shankarâchârya en fournissent une exposition autorisée. Pourtant ces textes secondaires n’acquièrent leur autorité que par leur conformité aux Upanishads. En cas de doute, le texte relevant de la Shruti l’emporte sur la Smriti qui le commente.

Cette hiérarchie ne se réduit pas à l’ancienneté documentaire. La Shruti, littéralement « ce qui est entendu », désigne une saisie directe de la vérité principielle; la Smriti relève de ce qui est gardé en mémoire et transmis sous une forme dérivée. Le caractère écrit des Upanishads ne supprime pas pour autant l’enseignement oral, qui demeure le moyen normal d’une transmission vivante.

Guénon refuse enfin l’étymologie qui ramène Upanishad à la simple posture du disciple assis aux pieds du maître. Le nom indique plutôt une fonction: approcher de la Connaissance suprême en détruisant l’ignorance. Le texte fournit les moyens de cette approche, mais la connaissance demeure incommunicable dans son essence et doit être atteinte par l’être lui-même.

Le caractère oral de la transmission ne s’oppose pas à l’existence des textes. L’écriture fixe des formulations et conserve des supports, tandis que l’enseignement vivant en déploie les rapports, adapte l’exposé aux possibilités du disciple et rattache l’étude à une chaîne régulière. Lire les Upanishads hors de ce cadre peut fournir des notions; cela ne suffit pas à restituer la fonction qu’elles remplissent dans la tradition hindoue.

Guénon écarte pour la même raison l’expression de « brâhmanisme ésotérique ». L’opposition d’un exotérisme et d’un ésotérisme nettement constitués convient à certaines formes religieuses, notamment à l’islam, mais ne se transpose pas telle quelle à l’hindouisme. Les Upanishads sont métaphysiques et initiatiques sans former pour autant la partie cachée d’une religion organisée selon les catégories occidentales.

Leur enseignement commande les notions d’Âtmâ, de Brahma et de délivrance. Ces termes ne forment pas une spéculation ajoutée au Vêda; ils expriment le terme vers lequel convergent ses sciences, ses rites et ses symboles lorsqu’ils sont rapportés à leur principe.

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Citations de Guénon

On ne saurait trop insister sur le fait que ce sont les Upanishads qui représentent ici la tradition primordiale et fondamentale, et qui, par conséquent, constituent le Vêdânta même dans son essence. (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 9)

Il importe de remarquer que les Brahma-Sûtras appartiennent à la classe d’écrits traditionnels appelée Smriti, tandis que les Upanishads, comme tous les autres textes vêdiques, font partie de la Shruti. (L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, p. 9)

Lecture de l’encyclopédie

note de la rédaction La place des Upanishads permet de comprendre pourquoi Guénon ne présente pas le Vêdânta comme un système philosophique produit par un auteur. Sa doctrine procède d’un corpus traditionnel dont les maîtres explicitent l’unité sans prétendre l’inventer. L’originalité individuelle du commentateur n’est pas le critère de sa valeur; sa fidélité intellectuelle à la Shruti l’est.

Cette conception éclaire aussi la réserve de Guénon envers l’étude purement philologique. Établir l’âge d’un manuscrit, comparer des variantes ou analyser une grammaire peut servir l’érudition. Ces opérations ne remplacent pas l’intelligence doctrinale d’un texte dont le but est de détruire l’ignorance, non d’ajouter un objet à l’histoire littéraire.

Un exemple pour approcher le sens

Une source alimente plusieurs canaux. Les canaux distribuent l’eau, la rendent accessible à différents terrains et peuvent suivre des tracés distincts; aucun ne crée pourtant l’eau qu’il conduit. Si l’on hésite sur sa pureté, il faut remonter vers la source plutôt que comparer indéfiniment les formes des canaux.

Les Upanishads occupent cette position de source pour le Vêdânta. Les sûtras et les commentaires en organisent la transmission, mais leur justesse se mesure à ce qu’ils laissent parvenir de l’enseignement principiel.

Références internes

L’Homme et son devenir selon le Vêdânta · Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues · Orthodoxie et hétérodoxie traditionnelles · Vêda · Vêdânta · Atmâ · Shruti et Smriti · Brahma · Moksha · Shankaracharya