En une phrase
Le rite transmet l’influence spirituelle, tandis que le symbole donne au travail intérieur une forme apte à conduire de la compréhension à la réalisation.
Exposé métaphysique
Synthèse de la position de Guénon dans Aperçus sur l'Initiation, formulée par l'encyclopédie.
Le rite initiatique ne vaut pas seulement par ce qu’il signifie. Il est le véhicule d’une influence spirituelle transmise par une chaîne régulière. Sa forme obéit à des lois déterminées ; elle n’est ni une convention inventée par un individu, ni une mise en scène destinée à susciter une émotion. Sans la transmission qui l’anime, la répétition de la forme demeure vide ; sans la forme régulière, l’influence ne dispose pas du support requis.
Le symbole n’est pas davantage une illustration facultative d’une idée déjà entièrement exprimable en langage rationnel. Il suggère ce que le discours ne peut enfermer, rassemble plusieurs sens concordants et relie un ordre sensible à un ordre supérieur. Parce qu’il participe de la réalité qu’il signifie, il peut devenir une base de méditation et de réalisation.
Rite et symbole sont ainsi complémentaires. Le rite est lui-même symbolique dans sa forme, et le symbole, médité sous l’action de l’influence reçue, peut prendre le caractère d’un véritable rite intérieur. L’efficacité rituelle ne dépend pas d’une compréhension actuelle de tous les sens du rite, mais le travail initiatique exige que le contenu virtuellement reçu soit assimilé.
Cette doctrine écarte deux confusions. Une lecture morale réduit les symboles à des leçons de conduite ; une lecture psychologique ramène les rites à des procédés de suggestion. L’une et l’autre méconnaissent le domaine propre de l’initiation, qui concerne une transformation effective de l’être.
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Citations de Guénon
L’enseignement initiatique ne peut faire usage que de rites et de symboles, qui suggèrent plutôt qu’ils n’expriment au sens ordinaire de ce mot. (Aperçus sur l’Initiation, p. 66)
L’action effective des rites n’est pas une « croyance » ni une vue théorique, mais un fait positif. (Aperçus sur l’Initiation, p. 133)
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction La fonction respective du rite et du symbole permet de comprendre pourquoi une initiation ne se transmet pas comme un cours. Un exposé doctrinal prépare et oriente l’intelligence ; il ne remplace ni le rattachement régulier ni le travail qui actualise ce qui a été reçu.
Inversement, la seule exécution extérieure des rites ne constitue pas la réalisation. Elle dépose une possibilité et fournit un appui. La distance entre la transmission initiale et son plein développement est précisément le champ du travail initiatique.
Un exemple pour approcher le sens
Une partition conserve la forme d’une œuvre musicale. Elle ne produit pourtant aucun son si nul instrument ne la réalise, et un instrument désaccordé ne peut la rendre fidèlement. Le symbole ressemble à la partition : il contient un ordre de rapports. Le rite ressemble à l’acte réglé qui met cet ordre en œuvre.
L’influence spirituelle n’est ni le papier ni le geste visible ; elle est ce qui rend possible la sonorité effective. Il faut donc à la fois une forme juste, une transmission vivante et un travail d’assimilation.
Références internes
Aperçus sur l’Initiation · L’Initiation virtuelle et l’Initiation effective · Le rattachement initiatique et la chaîne traditionnelle · Le secret initiatique · Le Cœur · L’Axe du Monde · Le Centre et la Circonférence · La tarîqah · L’ésotérisme islamique · Le Verbe divin