En une phrase
ʿAbd al-Bāqī Miftāḥ est le traducteur et commentateur des vingt-deux volumes arabes réunis dans cette encyclopédie. Ses préfaces et annotations mettent en relation le vocabulaire métaphysique de Guénon et celui de la tradition akbarienne.
Exposé
Cette notice porte sur le travail documenté dans les traductions du corpus. Elle ne propose pas de chronologie biographique indépendante.
Les préfaces et les annotations constituent une œuvre de lecture distincte du texte traduit. La préface du Symbolisme de la Croix explique notamment le choix du titre arabe Rumūz al-insān al-kāmil, « Symboles de l’Homme parfait ». L’ouverture d’Orient et Occident fixe une convention typographique pour séparer les paroles de l’auteur de celles du traducteur. Ces deux exemples donnent des points d’appui précis pour étudier sa méthode, développée dans La lecture akbarienne.
L’appareil d’interprétation
Son travail sur Guénon opère à cinq niveaux, qu’il vaut mieux distinguer que confondre.
- La traduction terminologique. Il ne cherche pas l’équivalent scolaire neutre mais le terme qui porte sa charge dans le lexique de la gnose arabe.
- Le commentaire akbarien. Il renvoie Guénon à Ibn Arabi, à Jīlī et aux Futūḥāt, surtout sur les degrés de l’existence, l’Homme Universel et la science des lettres.
- L’enracinement coranique. Il rattache les notions aux versets et aux hadiths où il en voit le fondement islamique.
- La séparation des voix. Il marque explicitement ce qui revient à l’auteur et ce qui revient au traducteur, jusque dans la typographie.
- Le refus du syncrétisme. La comparaison sert à comprendre, elle n’autorise ni le mélange des traditions ni une pratique sans rattachement.
Notes du Cheikh ʿAbd al-Bāqī Miftāḥ
Le passage suivant est traduit de l’arabe, et n’a donc pas d’original français. Il ouvre sa traduction d’Orient et Occident et énonce la convention typographique par laquelle il tient les deux voix séparées.
Les phrases entre parenthèses sont de l’auteur ; celles entre crochets sont du traducteur. (Sharq wa gharb, introduction)
Source arabe : ouverture de شرق وغرب, convention introduite par « ولكي يكون التمييز بين كلام المؤلف وكلام المترجم واضحا ». Le texte précise : « كل الجمل التي بين قوسين هكذا (…) هي من كلام المؤلف ». La phrase française ci-dessus est une traduction de la rédaction.
Cette règle, énoncée en une ligne au seuil d’un livre, est ce qui rend son commentaire vérifiable : le lecteur arabe sait toujours de qui il lit la phrase.
Lecture de l’encyclopédie
note de la rédaction L’intérêt des deux éditions est de rendre cette lecture comparable à ses sources. L’original français permet d’examiner les formulations de Guénon ; la traduction arabe et ses annotations montrent les choix terminologiques et les rapprochements proposés par Miftāḥ. Ni l’une ni l’autre ne dispense de distinguer citation, traduction et interprétation. Cette notice étudie une réception de Guénon, non une relation personnelle entre les deux auteurs.
Un exemple pour approcher le sens
Un manuscrit ancien nous parvient souvent accompagné des notes de ceux qui l’ont lu avant nous, portées dans les marges. Ces notes ne sont pas le texte, et un lecteur averti ne les confond pas avec lui. Elles ont pourtant leur valeur propre : elles disent ce qu’un homme instruit d’une autre tradition a reconnu en lisant, et où il a buté.
Les deux éditions doivent rendre visibles ces marges et leur auteur. La traduction, le commentaire et la synthèse éditoriale ont chacun leur valeur, à condition que leur statut reste explicite.
Références internes
Orient et Occident · Le Symbolisme de la Croix · Les États multiples de l’être · L’Homme et son devenir selon le Vêdânta · Mohyiddin ibn Arabi · L’Homme Universel · La tradition · ʿAbd al-Karīm al-Jīlī · La science traditionnelle