Ce que ce livre vous apprend

Ce n’est pas un livre mais une conférence, prononcée à la Sorbonne le 17 décembre 1925. Douze pages. C’est pourtant le texte que l’on peut mettre entre les mains de quelqu’un qui demande, en une seule fois, ce que Guénon entend par métaphysique.

Trois choses y sont établies :

  1. Une définition littérale. La physique traite de la nature ; la métaphysique traite de ce qui est au delà de la nature. Le mot n’est donc pas une étiquette d’école, il dit exactement son objet.
  2. Ce n’est pas de la philosophie. Guénon reproche à la métaphysique occidentale d’avoir pris la partie pour le tout : réduite à l’ontologie, elle s’est arrêtée à l’être alors que la métaphysique véritable envisage aussi ce qui est au delà de l’être.
  3. Le mode de connaissance. Une connaissance de cet ordre ne peut pas être atteinte par la raison discursive, qui est une faculté individuelle. Elle suppose une réalisation, non un raisonnement.

Comment le lire : d’une traite, puis une seconde fois. Sa brièveté est trompeuse ; presque chaque paragraphe est repris et développé ailleurs dans l’œuvre.

Présentation

Le lieu compte autant que le texte. Guénon parle à la Sorbonne, devant un public universitaire, et emploie son vocabulaire pour lui dire que ce dont il va traiter n’est pas de son ressort. La conférence est ainsi, en même temps qu’un exposé, une mise en garde contre la confusion entre savoir philosophique et connaissance métaphysique.

C’est le contrepoint exact de La Crise du Monde moderne : celui-ci décrit ce que le monde moderne a perdu, celui-là nomme ce dont il s’agit.

Édition numérique citée

Fichier de référence : René Guénon - La Métaphysique orientale - 12 pages - 2013 05 17.pdf (12 pages numériques). Les références de cette notice suivent ce fichier, non la pagination d’une autre édition.

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Citations de Guénon

La physique est l’étude de tout ce qui appartient au domaine de la nature ; ce qui concerne la métaphysique, c’est ce qui est au delà de la nature. (La Métaphysique orientale, p. 3)

quand Aristote envisageait la métaphysique comme la connaissance de l’être en tant qu’être, il l’identifiait à l’ontologie, c’est-à-dire qu’il prenait la partie (La Métaphysique orientale, p. 4)

Lecture de l’encyclopédie

note de la rédaction Le mot « orientale » du titre induit régulièrement en erreur. Il ne désigne pas une métaphysique particulière, propre à l’Orient, qu’on opposerait à une métaphysique occidentale. Pour Guénon la métaphysique est une, parce que la vérité dont elle traite est une ; si le qualificatif est nécessaire, c’est seulement parce que l’Orient en a gardé la transmission vivante quand l’Occident l’a interrompue.

C’est aussi le texte où la distinction entre raison et intellect est posée le plus nettement, distinction sans laquelle le reste de l’œuvre reste mal compris.

Liens avec les autres livres

Pages qui citent ce livre

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Références internes

La Crise du Monde moderne · Orient et Occident · Les états multiples de l’être · Le Cheikh ʿAbd al-Bāqī Miftāḥ · Personnalité et individualité · La Possibilité universelle · La Grande Guerre sainte · La tarîqah · Et-Tawhîd · L’ésotérisme islamique · La science profane